Autour de l’Anatomie du scénario
13 mars 2017 | Marc Benda | Rencontrer | Dédicace |
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Quelques questions avec Ollivier Pourriol autour de John Truby

À l’occasion de la dédicace du 21 janvier 2017 par John Truby de la version révisée et augmentée de L’Anatomie du scénario, le directeur de l’ouvrage Ollivier Pourriol a répondu à quelques unes de nos questions sur l’auteur, le livre, la nouvelle version, les séries, le cinéma français...

Vous êtes le directeur d’ouvrage de la nouvelle édition française de "L’Anatomie du scénario" de John Truby. Pouvez-vous nous dire comment vous l’avez rencontré et ce qui vous a donné par la suite l’envie d’entreprendre ce projet d’édition ?

J’ai rencontré John d’abord à travers son livre, il y a quelques années. Puis en suivant ses master classes, à plusieurs reprises, d’abord à Paris puis à la cinémathèque de Nice, où nous avons sympathisé en parlant des rapports entre philosophie et cinéma. Au fil du temps est apparue la nécessité de reprendre son livre pour le compléter et l’approfondir, en tenant compte de la manière dont son enseignement avait évolué au contact de ses élèves, français en particulier.

Quelle est l’originalité de la méthode et de la technique de John Truby dans l’apprentissage de l’écriture du scénario ?

En deux mots, là où la plupart des méthodes se contentent de décrire de l’extérieur les étapes par lesquelles est censée passer la trajectoire d’une narration, lui permet d’entrer dans le mouvement interne du développement d’une histoire. Il met à jour les ressorts, les principes moteurs à l’œuvre dans toute narration, et invite à penser comme un biologiste ou un jardinier, en termes dynamiques, pour comprendre comment poussent les histoires, pas simplement comment elles sont.

Cette nouvelle édition est augmentée de questions/réponses d’étudiants des Master Class. Pouvez-vous nous parler du déroulement de ces master class et de ce qu’apportent les questions/réponses au livre ?

La master-class à laquelle correspond le livre dure trois jours pleins, durant lesquels les étudiants sont libres de poser des questions. John Truby enseigne en France depuis huit ans, ce qui nous a permis d’avoir une idée claire des questions que son public français se pose spécifiquement. Nous en avons extrait l’essence pour parvenir à plus de soixante-dix pages d’éclaircissements et de solutions pratiques détaillées en profondeur.

John Truby aborde la question des séries à la fois dans leurs rapport au cinéma et dans leur évolution spécifique. Par exemple, il parle de "Breaking Bad" qu’il considère comme révolutionnaire. D’une manière générale, quel est selon vous l’apport de Truby sur la question de l’écriture des séries ?

L’écriture d’une série oblige à penser le déploiement de tout un univers sur un temps considérable. Une série, pour durer, doit se projeter en amont sur plusieurs saisons, comme c’est le cas pour "Breaking Bad". Cela suppose une connaissance fine des ressorts qui permettent à la fois durée et renouvellement, une planification extrême, et surtout une organisation collective de l’écriture.

John Truby s’intéresse à l’évolution du scénario dans le cinéma français. Il y a notamment dans cette nouvelle édition des passages sur "Un prophète" d’Audiard dans le chapitres dédiés au désir du héros et dans celui dédié à l’intrigue.

La France incarne souvent, pour le reste du monde, le mythe de l’auteur-réalisateur, né avec la Nouvelle Vague, mythe accompagné par celui de l’anti-intrigue – l’idée selon laquelle une œuvre ne saurait prétendre à l’art qu’en tournant le dos à l’intrigue et aux rebondissements. John Truby montre comment certains films font vaciller cette opposition binaire, et inventent des formes qui obéissent à la fois au carcan du genre, mais le renouvellent d’une manière singulière. "Un prophète" commence avec un personnage désemparé et sans but, qui finit par se lancer à la poursuite d’un objectif bien défini, avec une intensité maximale. Le cinéma français est particulièrement propice à ce genre d’hybridations fertiles, précisément parce qu’il se tient au carrefour de l’art pour l’art, et du cinéma de divertissement ou de genre. Les outils que propose John Truby ne sont pas là pour formater notre imaginaire, mais pour nous aider à avoir une conscience claire des lois de la narration, pour écrire exactement ce que nous souhaitons.



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