Aux origines du cinéma, un biologiste !
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Étienne-Jules Marey (1830-1904) s’installe à Paris, improvise un laboratoire privé chez lui, rue Cuvier, il ne quittera plus le Quartier Latin où il mettra au point la chronophotographie.

Étienne-Jules Marey se sentait une vocation d’ingénieur, mais son père rêvait de le voir médecin, il opta donc pour des études de médecine, qu’il renoncera à pratiquer pour se consacrer à ses recherches en physiologie et sur le fonctionnement de la « machine animale », disons plus simplement du mouvement.

Enregistrer le mouvement : la chronophotographie

L’ingénieur resurgit en lui : il improvise un atelier dans son appartement et confectionne des appareils de mesure de plus en plus performants. Après l’introduction de la photographie, il met au point son "fusil photographique" en 1882, un appareil mobile ! Il permet la photographie d’un mouvement en 12 clichés successifs, répartis autour d’une plaque sensible, à la vitesse de 10 images par seconde. Grâce à sa méthode, il obtient des images qui respectent l’égalité des intervalles de temps entre les positions. Tous ces procédés permettent au chercheur français de disséquer au ralenti les différentes phases de la locomotion humaine et animale.

Pour mesurer les allures du cheval il conçoit des sabots contenant les dispositifs de mesure et affirme qu’il est un temps du galop du cheval où les quatre jambes sont en suspension sous le poitrail. Une vision vivement repoussée alors… Vérification fut faite, Marey avait raison : le succès fut au rendez-vous.

Des inventions mises à profit par le septième art naissant

Les travaux de Marey intéressent fortement d’autres chercheurs qui se penchaient alors sur l’animation, ainsi que Thomas Edison. Ce dernier s’inspire du chronophotographe de Marey pour inventer le kinétographe en 1890. C’est le premier appareil de prises de vues de l’histoire du cinéma, mais il ne permettait pas la projection. Cinq ans plus tard, les frères Louis et Auguste Lumière inventent le cinématographe, l’utilisation de la forme abrégée « cinéma » est immédiate, signe d’une popularisation rapide.

Un génie du Quartier Latin

Marey a vécu rue Cuvier puis rue de l’Ancienne Comédie et enseigné dans les plus grands institutions du Quartier Latin. Il a obtenu une reconnaissance tant dans le milieu scientifique, professeur au Collège de France (1869), directeur du laboratoire de Physiologie Expérimentale à l’École des Hautes Études (1869), président de l’Académie des Sciences (1895), que dans le milieu des arts, il devient président de la Société française de photographie en 1894 et est considéré comme l’un des pionniers du cinéma.

© Domaine public
© J.Cl. Couval. Portrait d’Etienne-Jules Marey à l’âge de 39 ans, 1869, Félix Nadar, musée Marey Beaune.



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