Avi Ravitzki et la lumière d’encre
2 décembre 2016 | Emmanuel Moses | Voir | Galerie | Peinture |
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Chaque système d’écriture est une lecture du monde.
Que la lumière soit ! Et noire ! Et d’encre !
Les signes produisent leur propres sens.


Avi Ravitzki, La forêt du néant
Exposition à voir à la galerie des Patriarches jusqu’au 21 janvier 2017


Le travail d’Avi Ravitzki naît d’un arrachement et d’un attachement

Il a traversé la mer de Jonas et d’Ulysse, de Jason et de Saint Paul

Il a laissé derrière lui la gloire d’un ciel mystique

Il a pris pied sur une terre où les saints sont d’antiques paysans

Et a résolu de partager leur vie et leur destin

Ainsi en avaient décidé les dieux du lieu

L’homme des cités récentes a élevé sa demeure sur un sol immémorial

Mais l’artiste guidait la main de l’architecte

L’artiste prêtait son regard à l’exploitant agricole

Qui calculait ses plantations, aplanissait, assainissait, délimitait

Qui émottait, ensemençait, arrosait, bêchait

L’artiste en chapeau de paille et bottes jusqu’aux genoux

L’artiste accroupi sur ses jarrets sous le soleil du Sud Ouest

L’artiste allant et venant entre ses bois, ses champs et l’atelier

Un crayon, un carnet dans une poche

Traçant des lignes sur le papier de riz comme sur la glèbe soumise

Le travail d’Avi Ravitzki a la vieillesse de Dionysos, la sagesse d’Oedipe

De ses vignes il a cassé les sarments et les vrilles morts

Pour raconter sur la blancheur un peu bistrée de son papier

L’histoire secrète du vin

Au pied ses chênes il a cueilli ou cavé les truffes, Tuber mélanosporum

Ce parfum fait corps sporeux

Cette maladie bénite des grands arbres

Les a observées d’un œil perceur d’énigmes

Et transmué leurs veines fertiles et stériles

Leur blancheur et leur noirceur

Leurs verrues disgracieuses

En alphabet à déchiffrer et embellir le monde

Car chaque trait, à la mine, au pinceau, au burin

Chaque forme éclose sur fond clair

Débouche au jour comme on sort d’un long tunnel dont on ne voyait pas le bout

Proclame une ère nouvelle, utopique

Pour l’homme et sa matière.

***

Emmanuel Moses, octobre 2016

Galerie des Patriarches
12, rue des Patriarches,
75005 Paris



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