Les mardis littéraires au café de la Mairie
16 septembre 2015 | Claire Jeantet | Lire | Rencontrer |
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Connaissez-vous les mardis littéraires au 1er étage du café de la Mairie, place Saint-Sulpice ?

Confortablement assis sur une banquette ou installés sur un tabouret de bois en cas d’affluence, comme ce fut le cas hier pour la présentation des Maîtres du printemps d’Isabelle Stibbe (Serge Safran éditeur), les participants dégustent vin et littérature à partir de 20h30.

Mardi 15 septembre, Cécile Falcon et Henry-Pierre Pascal ont offert une lecture puissante du deuxième roman d’Isabelle Stibbe, incarnant tour à tour les trois voix masculines. Pierre Artigas, l’ouvrier syndicaliste, Max Oberlé, l’artiste vieillissant et Daniel Longueville, député socialiste et futur ministre, participent chacun à leur échelle à la lutte contre la fermeture des hauts-fournaux de Florange, renommés Aublange dans la fiction.
Interrogée par le critique littéraire, Alfred Eibel, Isabelle Stibbe s’est défendue d’avoir fait une « enquête » ou un « roman à clés ». Interpellée et indignée par cet épisode largement médiatisé, elle s’en est inspirée pour faire résonner, à hauteur d’homme(s), les problèmes sociaux-économiques et les identités flouées, à force de volonté (Daniel Longueville masque ses origines modestes) ou par les étiquettes sociales. À lire, sans tarder.

« PIERRE
Comme avec tous les autres, j’ai eu droit aux questions sur mon enfance en Espagne, mes origines populos, mon bac technique et bien sûr mon coup de foudre pour l’acier. À croire que les journalistes n’ont aucune imagination. Ils me font marrer : qu’ils écrivent pour des canards de gauche ou de droite, c’est toujours pareil. Je te la fais d’ici : Pierre Artigas, le syndicaliste belle gueule, le symbole du combat mené par les salariés d’Aublange, l’homme d’acier, le tribun. C’est bien la peine de se farcir dix ans d’études pour pondre les mêmes clichés. Et puis alors, une interview pour un magazine féminin, je te parie dix sacs qu’on aura droit au visage buriné ou au héros des temps modernes. Le working class hero. […] Je sais pas moi, me demander mes bouquins préférés, quels groupes j’écoute, quels grands hommes m’inspirent, ça leur vient pas à l’idée, pas dans leurs schémas. »

(p.21, Les maîtres du printemps, Isabelle Stibbe, Serge Safran éditeur.)

Les mardis littéraires de Jean-Lou Guérin, à 20h30, au 1er étage du café de la Mairie, 8 place Saint-Sulpice, Paris 6e. Entrée libre en fonction des places disponibles.
http://lesmardisdejeanlou.blogspirit.com/



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