Charles Péguy, le visionnaire
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Cette pièce de théâtre, jouée au théâtre de la Contrescarpe, retrace le destin singulier de l’écrivain mort en 1914.

Août 1914 : Péguy s’apprête à rejoindre son régiment, à l’heure de la mobilisation. Alors qu’il va fermer le siège de sa revue, "les Cahiers de la quinzaine, un jeune journaliste se présente à lui, pour recueilir ses idées sur son époque, et pour revenir sur les principaux épisodes de sa vie. Leur dialogue est l’occasion pour l’écrivain de revenir sur les grandes périodes de sa vie, de son enfance dans un foyer pauvre d’Orléans, à ses engagements socialistes, dreyfusards, puis à son retour à la Foi.

Par son ton, ses gestes, son regard, le comédien Bertrand Constant parvient à faire percevoir la richesse intérieure, la soif de spiritualité et la complexité de Charles Péguy. C’est d’autant plus remarquable qu’il joue également les interlocuteurs de Péguy -du journaliste qui vient l’interviewer à un militant d’Action française. Le pari de jouer plusieurs rôles n’était pas évident mais est parfaitement réussi.

Le dialogue avec le journaliste est parfois complice, souvent vif et contradictoire. Il permet à Péguy de revenir sur les épisodes marquants de sa vie, heureux et douloureux. Au cours de cette pièce, écrite avec finesse par Samuel Bartholin, l’écrivain rend hommage à l’école républicaine, rappelle son combat pour Dreyfus, son engagement socialiste déçu par des dérives sectaires au sein de ce courant de pensée. Et il raconte la création de sa revue littéraire "Les cahiers de la quinzaine", 8, rue de la Sorbonne, où ont écrit Bergson, Julen Benda, Alain-Fournier ou Romain Rolland. Une revue bi-mensuelle de haute volée qui perdurera dans des conditions matérielles difficiles grâce au travail acharné de Péguy. Une revue où transparaissent sa vision humaniste, et son refus des clivages idéologiques. Péguy évoque enfin son retour à la Foi catholique, à partir de 1910, qui se traduit notamment par son livre "Le mystère de la Charité de Jeanne d’Arc", et parle de son engagement patriotique- qui lui coûtera la vie en août 1914.

Grâce à ce beau texte théâtral -saluons aussi la mise en scène sobre et élégante de Laetitia Gonzalbes, ainsi que la musique discrète et le travail sur l’éclairage- on connait un peu mieux cet écrivain trop peu lu aujourd’hui, qui était à la fois poète et intellectuel, mystique et engagé, solitaire et solidaire. Un homme complexe, sensible, dans sa vérité, parfaitement incarné par Bertrand Constant. Une pièce qui donne envie de relire Charles Péguy, ce visionnaire.

Théâtre de la Contrescarpe, 5, rue Blainville, Paris 5ème. Tel : 01 42 01 81 88

Pièce jouée le lundi à 20h, du 3 septembre au 10 octobre, le mardi à 20h les 2, 9 et 16 octobre, et le dimanche à 18h30, du 21 octobre au 25 novembre (relâche le 28 octobre).

Source images :
http://theatredelacontrescarpe.fr/charles-peguy-le-visionnaire/
Portrait de Charles Péguy par Jean-Pierre Laurens. © Roger-Viollet/© Roger-Viollet



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« Sorcières », revue littéraire, artistique et féministe parue en 1975. Premier numéro : la nourriture

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Créée en 2007, la petite maison d’édition TriArtis, située dans le Quartier latin, vient de publier l’œuvre poétique d’Edmond Rostand.