À la rencontre de Colette Brunschwig
16 septembre 2016 | Robert Lévy | Voir | Exposition | Peinture |
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Deux expositions et un livre rendent hommage à l’une des plus grandes peintres abstraites du XXe siècle.

Depuis les 7 et 8 septembre 2016, à Paris, la Galerie des Patriarches (Paris 5°) et la Galerie Convergences (Paris 3°) s’associent et proposent l’exposition conjointe d’une soixantaine d’œuvres sur papier de Colette Brunschwig réalisées entre 1975 et 2008 et qui, reproduites, constituent Tours Détours Retours, paru aux éditions Le Coucou en avril 2016. Ces deux expositions, forment pour ainsi dire un début de rétrospective et ouvrent une série de manifestations organisées à l’occasion de la publication de ce qui est à la fois le premier livre de Colette Brunschwig et la première étude suivie sur Colette Brunschwig.

Il ne s’agit pas pour autant d’une monographie, mais d’un livre fait à la fois par et pour Colette Brunschwig.
« Qui ? Vers quoi ? », « Sortir », « Duels, duelles », pour se limiter aux premières têtes de chapitre : autant d’ incitations à prendre le temps de regarder, lentement, cette œuvre. Un livre d’artiste ? Sans doute aussi.
Très peu de texte, mais quatre-vingt œuvres reproduites : une tentative de mise en lumière des formes et des figures qui constitueraient l’esquisse d’un vocabulaire [ exemple :chapitre 2 au format pdf] ou plutôt d’un alphabet :

« En effet, dans son atelier, Colette Brunschwig a tout d’un témoin muet travaillant depuis longtemps à quelque chose comme un alphabet qui dirait sans dire et montrerait sans montrer. Bien entendu, un tel alphabet reflète autant ce qu’elle voudrait peindre que ce qu’elle ne peindrait sous aucun prétexte. Tout cela n’est incohérent qu’en apparence. Pour qui connaît son œuvre, cet alphabet est aussi évident, et aussi indépendant de sa volonté, que les graffiti obsessionnels qu’elle trace sur le papier lorsqu’elle parle au téléphone. Il y a, dans sa peinture, bien des thèmes récurrents et sa posture, face à ces thèmes, est aisément reconnaissable. » écrivait Marcel Cohen, pour fêter la présence de l’œuvre de Colette Brunschwig au Château de Ratilly tout au long de l’été 2015.

Née au Havre en 1927, Colette Brunschwig y a passé son enfance, mais elle sera, « dans le Paris de 1945, confrontée à un monde chaviré auquel l’art va à nouveau essayer de donner forme ». Et c’est aussi dès ce temps-là qu’elle découvre l’art de l’ancienne Chine, dans son lien essentiel avec la notion de vide.
Elle peint depuis 1955. Elle est l’un des peintres les plus significatifs de cette seconde moitié du vingtième siècle pendant laquelle elle s’est vouée à l’abstraction y tenant à bien des égards un rôle de pionnière.
Elle n’a jamais peint pour « faire beau » mais pour faire « juste », et ce avec une rigueur qui a fasciné des penseurs et poètes comme René Char, Emmanuel Lévinas ou Jean Bollack, grand spécialiste de Paul Celan.
En dialogue permanent avec la peinture chinoise, entre écriture et image, elle a eu un compagnonnage constant avec des peintres aussi divers et exigeants qu’Arpad Szenes, Pierre Courtin, Pierre Soulages, Charles Maussion, André Marfaing ou Louis Cordesse.

Et on est en présence, aussi, d’un « palimpseste infini », de surfaces comme en attente d’être recouvertes : non seulement l’encre est absorbée par la caséine recouvrant le papier, mais « sans cesse l’artiste reprend ses œuvres, les transforme, ajoute, enlève, recouvre – répare, serait-on tenté de dire, comme de ce qui est abîmé, ou blessé », écrit Pierre Wat.

Au long des années, on la retrouve dans les meilleures galeries, notamment, à Paris, Colette Allendy et Nane Stern, à La Roue, chez Clivages, Convergences et Protée. Ses travaux ont été montrés au Japon, aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Chine, en Israël, en Grande-Bretagne et en Scandinavie.
Son œuvre est présente dans les collections du Musée d’art moderne de Paris, du Centre Georges Pompidou ou du Musée des beaux-arts de Caen.

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Exposition Colette Brunschwig

Du 8 au 29 septembre et du 5 au 8 octobre 2016,
du mardi au samedi, de 14 à 19 heures,
galerie des Patriarches 12, rue des Patriarches - 75005 Paris

(Contact : galeriedespatriarches@gmail.com - Tel : 06 62 45 88 50) et galerie Convergences 22, rue des Coutures Saint-Gervais – 75003 Paris ( Tel :0624540309)



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