De Max Linder à Charlie Chaplin, les comiques du cinéma muet
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Une exposition, à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, retrace l’histoire du cinéma comique en France et aux Etats-Unis, avant 1925.

Les premiers comiques du cinéma muet sont français ! Max Linder, le plus connu, se lance dans le cinéma en 1905. Il incarne un personnage de dandy séducteur plongé dans des situations burlesques. Acteur-phare de Pathé dans la série "Max" il devient une vedette internationale. Charlie Chaplin s’en est d’ailleurs un peu inspiré, à ses débuts. D’autres acteurs français, qui ont été oubliés après 1918, ont alors un gros succès : André Deed, acrobate devenu comédien, qui tient le rôle de "Boireau" dans de nombreuses aventures, et Charles Prince, sorti du Conservatoire, qui prend le nom de "Rigadin" et apparait dans plus de deux cent films entre 1908 et 1914 ! Ces "vedettes" connaissent le succès, notamment aux Etats-Unis, où "Pathépictures" les distribue. Tournées en partie à l’extérieur, et en partie dans les studios de Nice, les scènes multiplient les altercations, les bagarres, les effractions, les acrobaties, les escalades, les chutes, les bousculades... Les comédiens, aux gestes saccadés, exagérés, croquent la vie quotidienne des individus- avec des scènes fréquentes de la vie domestique- avec une imagination qui plait aux surréalistes.

Le comique nait aussi de l’exagération des expressions ainsi que de l’opposition entre le petit et le gros, le gros et le maigre...

Si les tout premiers films comiques étaient joués par des troupes anonymes, ils sont ensuite axés autour d’un seul personnage qui revient régulièrement dans des séries, ce qui permet à l’acteur qui incarne ce personnage de devenir populaire. Les affiches de films contribuent puissamment à les promouvoir ; les lithographies d’Adrien Barrière sont particulièrement expressives.

APPARITION DE CHARLIE CHAPLIN

Avec le début de la guerre 1914-1918, le nombre de films comiques produits en France décline fortement. En effet, de nombreux professionnels du cinéma sont mobilisés. Les studios américains en profitent pour distribuer massivement leurs films en France.

En décembre 1913, Charlie Chaplin, venu du théâtre, signe avec Keystone, dirigé par Mack Sennett. Il devient très vite populaire aux Etats-Unis, avant de l’être en Europe en 1915. Quelques années plus tard, il créera son propre studio et réalisera lui-même ses films.

Comme en France, les accessoires, les moustaches, les vêtements trop amples ou trop petits, jouent un rôle d’identification : le feutre d’Harry Langdon, le canotier et les lunettes rondes d’Harold Lloyd, la moustache tombante de Snub Pollard. Ainsi que ses pairs du burlesque, Chaplin a créé un personnage aisément reconnaissable à travers son costume et sa gestuelle héritée du vaudeville et du café-concert. La frontière entre acteur et personnage est assez floue car le public associe un comédien à un rôle récurrent dans plusieurs films.

Le burlesque américain s’inspire clairement du burlesque français. Les scènes se passent souvent à l’extérieur, mettant en scène des personnages de condition modeste ou des esprits romantiques sauvés par leur imagination. Les gags, souvent, se basent sur l’emploi d’objets de la vie quotidienne.

Vers 1920, le style burlesque évolue du fait de l’allongement de la durée des films : du simple gag, on passe à l’élaboration des réactions en chaîne ; le contexte est plus étoffé, plus élaboré.

Pathé distribue en France les comédies américaines en francisant les noms des héros : Chaplin devient Charlot, Harold Lloyd, qui avait commencé sa carrière en imitant Chaplin, devient Lui, Snub Pollard devient Beaucitron, et Ben Turpin, Casimir.

De nombreux documents jalonnent l’exposition : photos de plateaux, articles de presse, et surtout affiches de films, dont certaines sont remarquables : ainsi, l’affiche de "Sunnyside" où apparait pour la première fois en gros caractères "Charlie Chaplin", ou l’affiche de "Une vie de chien" où Charlot est invisible-seuls apparaissent la canne, le chapeau et les chaussures du héros, outre le chien. La célébrité de Charlot est telle qu’on n’a pas besoin de le voir sur l’affiche : son nom suffit !

Sur toutes les affiches de Pathé, le coq, logo de la société, est discrètement présent.

Avant de quitter l’expo, ne manquez pas le "Mash up table", permettant de voir des extraits de films muets à l’aide de cartes qu’il suffit de déposer sur une table numérique. Magique !

-Exposition "Comiques transatlantiques" de Linder à Chaplin (1910-1925) à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, jusqu’au 9 juillet, du mardi au vendredi de 13h à 19h, et le samedi de 11h30 à 19h

Sources :
Source photographie : lemonde.fr, article 28.01.2015, Charlie Chaplin et Max Linder DR
Source affiche : Pathé, cf. site http://www.classicmoviehub.com/blog/silents-are-golden-silent-superstars-the-dapper-max-linder/



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