Europe : monnaie, finance, démocratie : Rencontre ENS
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Renaissance des Lumières organise une rencontre sur la politique financière et monétaire européenne.

L’association Renaissance des Lumières organise le 6 octobre 2018 une rencontre sur la politique financière et monétaire européenne, dans la salle des Actes à l’ ENS-Ulm et en public (E.N.S. , 45 rue d’Ulm, 75005 Paris Salle des Actes de 9h30 à 18h) dont le titre est : EUROPE : MONNAIE, FINANCE, DÉMOCRATIE

Exposés

1. Laurence Scialom - Finance et société : l’emprise
2. Frédéric Boccara - La BCE : relais des marchés financiers ou moyen de progrès social ?
3. Robert Salais - Quelles Europe auraient été possibles ?
4. Ulf Clerwall - La nécessité d’une diversité institutionnelle au sein du secteur financier

- Objet de la rencontre :

L’intrication du capitalisme industriel et du capitalisme financier n’est pas nouvelle ; elle était déjà effective à la veille de la première guerre mondiale ; mais dans le couple de l’industriel et du financier c’est aujourd’hui le deuxième élément qui est devenu dominant, en même temps que se constituait un véritable monde de l’industrie financière, avec ses produits dérivés, ses concentrations en monopoles et cartels, ses zones de contact ou d’interpénétration entre finances visibles et finances invisibles (shadow banking), entre investissements et spéculation, ou, plus crûment, entre argent sale et argent « propre ». Et chacun a sous les yeux les effets de cette logique financière dominante.

Il faut comprendre et faire comprendre que les choses de la finance ne sont pas si complexes que voudraient le faire croire ceux qui ont intérêt à l’opacité. La finance est toujours possibilité d’investissement, c’est-à-dire d’anticipation sur une production à venir. La finance n’est pas stock de monnaie mais flux de monnaie. La question est donc de savoir où va ce flux ou, dit en métaphore agricole, ce qu’il irrigue. On peut alors comprendre que LA finance, qui serait dotée de toutes les vertus ou de tous les vices n’existe pas. Il y a seulement un bon et un mauvais usage de la puissance financière et de ses liens avec la puissance économique et la puissance monétaire.

On peut donc dire, choix politique raisonné, à la fois simple et crucial, que la bonne finance est celle qui, d’une part irrigue la vie sociale au bénéfice de tous et non de certains seulement et qui, d’autre part, relève de la libre décision de tous et non de certains seulement. Or, précisément, les flux financiers du capitalisme financiarisé actuel n’ ont-ils pas comme caractère principal qu’ils vont à contre-courant de cette orientation ? Les choses sont assez complexes mais, là encore, moins mystérieuses quece que l’on dit trop souvent . Au moins quatre éléments entrelacés sont déterminants.

Le premier, plus actuel que jamais, vient pourtant de loin : il s’agit de la domination de l’ensemble des transactions mondiales par le dollar que les USA ont réussi (en 1944 à Bretton-Woods) à imposer comme monnaie quasi unique de référence.

Le deuxième élément est constitué par les multinationales financiaro-industrielles engagées dans la course à la concentration inhérente au capitalisme. Souvent plus puissantes, même une à une, que la plupart des nations, elles entretiennent avec les États des rapports variables, qui vont de la quasi concertation ou alliance stratégique au pur et simple asservissement, dont la figure principale est le dumping social et fiscal.

Le troisième élément est que, désormais dirigé par la recherche prioritaire des profits financiers, le productivisme inhérent au capitalisme industriel est devenu comme fou. Déjà, le capitalisme industriel, soumettant la production de biens utiles à la recherche du profit maximal visait à produire toujours davantage des biens posés comme utiles, quel que soit le prix social et environnemental de cette production, et sans que jamais soient d’abord examinés et débattus ni les besoins ou désirs de consommation et les choix dont ils peuvent être l’objet, ni les possibilités productives et les choix qu’elles comportent elles aussi.. Mais le capitalisme financiarisé, en autonomisant l’industrie financière de l’industrie tout court, devient cette fois carrément aveugle sur les conditions, les finalités et les effets de la fuite en avant productiviste. Les fonds spéculatifs et les fonds de pension sont deux formes de cette accumulation financière coupée de la sphère de la production à laquelle elle impose sa loi.

Le quatrième élément est que la polarisation des flux du capital a comme effet l’ébranlement, voire la disparition des solidarités que même le capitalisme industriel conservait encore

Si, donc, la finance est, dans toute société développée, la clef de son fonctionnement et de son développement ; si, aujourd’hui, les flux financiers sont régis ou captés par quelques-uns, n’est-il pas inhérent à la volonté démocratique d’ entrer dans le détail des flux financiers pour les orienter, les canaliser autrement ? Et il faut pour cela examiner les choix possibles à tous les niveaux (local, national, européen, mondial) Dans cette enquête le niveau européen joue certainement un rôle déterminant. Lequel ? Voilà l’objet de cette rencontre.

Pour en savoir plus :
https://www.renaissancedeslumieres.fr/

Photo Maryna Yazbeck on Unsplash



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