Filles de mai, 68 mon mai à moi - Mémoires de femmes
Vous avez aimé cet article, partagez le !

Cet ouvrage est né de l’extraordinaire énergie collective de femmes qui ont pris la parole et la plume pour raconter mai 68

Le mardi 29 mai de 18h à 20h30, une conférence sur « Les filles de Mai 68 » avec Michèle Perrot, Ludivine Bantigny, Philippe Lejeune, Monique Bauer et lecture d’extraits du livre par quelques « filles de mai » en Salle des Mariages de la Mairie du 5e

Extraits de la préface de Michelle Perrot

Filles de mai, 68 mon mai à moi - Editions Le Bord de l’Eau

« Sur 1968, on a beaucoup écrit. Maintenant que la génération qui en fut l’actrice arrive à l’âge des bilans, actions et témoignages autobiographiques se sont multipliés. On a disséqué son histoire politique, sociale (les grèves), médiatique, culturelle, intellectuelle : la « pensée 68 » continue de susciter des débats passionnés. Sexuelle, beaucoup moins. La dimension du genre a été peu abordée.
Ce que 1968 a représenté dans la vie quotidienne des gens et singulièrement des femmes, on le sait assez peu. 68 a, dans une large mesure, oublié les femmes et leurs aspirations propres. Ce qui explique la naissance, brutale, en apparence, du MLF, qui va dominer la décennie suivante.
C’est pourquoi l’APA1 qui, depuis dix ans, a mis l’écriture de soi au centre de ses préoccupations, a eu, sous l’impulsion de Monique Bauer, une idée lumineuse en suggérant à ses adhérentes d’écrire ce que fut pour elles Mai 1968 : « leur » Mai 68. Vingt-deux ont relevé le dé. Voici le résultat : un passionnant témoignage sur l’ébranlement existentiel qu’a provoqué Mai 68, dont l’onde de choc se prolonge sans doute jusqu’à présent.

(...)

Pour les vingt-deux qui écrivent – mais c’est peut-être pour cela qu’elles écrivent ? – Mai 68 fut un commencement. « Se libérer prend du temps » (Françoise). Pas de nostalgie : aucune ne regrette le passé. Aucune cependant ne voit dans Mai 68 une « révolution » au sens classique. Mais « une grande tempête aux multiples remous », « une nappe phréatique dormante qui allait alimenter l’avenir. J’allais m’y désaltérer, m’y nourrir » (Ada). Voire « l’amorce d’une métamorphose du monde » (Julieta).
On soupçonne (elles sont allusives et ce n’était pas le propos), on imagine la densité, les chaos, les difficultés aussi, des trente années qui ont suivi, où elles ont véritablement construit leur vie.

Bien entendu, ce regard rétrospectif, issu d’un certain « pacte autobiographique », dont il faudrait préciser la nature et l’effet sur le récit, ne dit pas forcément la « vérité » des choses. Il dit comment, trente-cinq ans après, ces femmes voient « leur » Mai 1968, son insertion dans le temps de leur vie, événement qui réorganise la chronologie existentielle, qu’il éclaire l’avant ou l’après.
Les frémissements de cette mémoire vivante donnent envie de prolonger et de multiplier l’expérience. On éprouve, à lire ces témoignages, servis par une écriture – des écritures – nerveuses et justes, un vif plaisir, sensible et intellectuel, dont on ne saurait assez remercier les auteures, historiennes d’elles- mêmes, historiennes de leur temps.

Michelle Perrot (2004)

ELLE VOULAIT VOIR LA MER- Séance le 26 mai !

D’autre part, le samedi 26 mai, à la Mairie du 5è, Renata Ada-Ruata nous présentera son livre ELLE VOULAIT VOIR LA MER...

Samedi 26 mai, à 18 h, à la « Librairie éphémère », Salle Capitant, Mairie du Vème, 19bis place du Panthéon - PARIS

Débat entre Renata Ada-Ruata et Alain Joubert , suivi à 19 h d’une signature du roman paru aux éditions Maurice Nadeau (nouvelle édition augmentée d’une préface)

PDF - 1.4 Mo

1 – Association Pour l’Autobiographie



JPEG - 51.7 ko

« Sorcières », revue littéraire, artistique et féministe parue en 1975. Premier numéro : la nourriture

JPEG - 20.8 ko

Cette pièce de théâtre, jouée au théâtre de la Contrescarpe, retrace le destin singulier de l’écrivain mort en 1914.

JPEG - 140.2 ko

Créée en 2007, la petite maison d’édition TriArtis, située dans le Quartier latin, vient de publier l’œuvre poétique d’Edmond Rostand.