IL Y A UN SIECLE, LA NAISSANCE DU SEPTIEME ART
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La transformation du cinéma français muet dans les années 1920 est racontée dans une exposition

Peu de personnes savent que l’expression "Septième art" a été créée par un critique de cinéma italien, Ricciotto Casudo, il y a exactement un siècle. Cette expression correspond à un tournant artistique : le cinéma, à l’origine une industrie, devient un art à part entière, grâce à des réalisateurs créatifs.

Au début des années 1920, le marché est dominé par les productions américaines. Les films français sont soit comiques soit adaptés de pièces de théâtre. Pathé crée alors un modèle de films à épisodes adaptés de la littérature par Arthur Bernède, comme "Les trois mousquetaires", "Les Misérables", "Mandrin", "Vidocq"ou "Rouletabille", avec de grandes vedettes de l’époque, René Navarre ou Romuald Joubé. L’aventure, l’action, la vengeance, l’honneur sont les moteurs de ces films. Henri Fescourt et Jean Kemm en sont les principaux réalisateurs. D’autres réalisateurs, Abel Gance, Germaine Dulac, Marcel Lherbier, Jean Epstein, choisissent des scénarios conçus pour l’écran. Ils recherchent des formes nouvelles de narration, expérimentent des cadrages, créent des rythmes, grâce à une utilisation habile du montage. Ils créent ainsi une nouvelle grammaire cinématographique. Le critique Louis Delluc invente pour eux, en 1921, le mot de "cinéastes". Mais une partie de cette avant-garde du cinéma n’en est pas moins soucieuse d’être comprise du public. Germaine Dulac écrit en 1925 : "Notre destin d’artiste est uniquement entre les mains du public". René Clair, après avoir débuté par un film "Entr’acte" scénarisé par Picabia pour les Ballets russes, réalisera des films à la fois poétiques et populaires. Abel Gance, plus intransigeant, critique "les marchands du temple, les philistins du film" en visant son producteur Pathé qui lui reproche le coût prohibitif de la réalisation de "La roue", son chef d’oeuvre, un film ambitieux sur le plan artistique. Marcel Lherbier, lui, s’entoure d’artistes comme l’architecte Mallet-Stevens, les peintres Saunia et Robert Delaunay, le musicien Darius Milhaud, pour ses films géniaux ’L’inhumaine", "Vertige"ou "L’argent", mais, le succès n’étant pas au rendez-vous, il tourne ensuite des films "commerciaux".

DES AFFICHES ARTISTIQUES ET COMMERCIALES

Les affiches sont créées par des lithographes réputés à leur époque comme René Péron ou Bernard Lancy, auteur de l’affiche de "Vertige". Celle de "La Roue" est attribuée à Fernand Léger. L’exposition présente également les affiches de films américains des années 20. Citons celles de "Marin malgré lui", avec Harold Loyd, de ’L’Américain" avec Douglas Fairbanks, ou "La maison de la haine", avec Pearl White et "Baigneuse inconnue", avec Anita Stewart. Les affiches, expressionnistes, doivent attirer un public qui passe devant ces cinémas sans avoir lu de critique.

Dans les années 1920, la France compte seulement 1500 salles, dont une bonne partie dans la région parisienne. La diffusion des films est prolongée grâce à des projecteurs de format réduit, le Pathé-Baby, destiné aux particuliers, et le Pathé-Rural, destiné à la petite exploitation dans les villages. C’est la dernière décennie d’un cinéma qui était muet, et en noir et blanc.

- Exposition "Du septième art au cinéma-les films Pathé dans les années 1920" jusqu’au 29 février à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, tel : 01 83 79 18 96

Source Image : La Coquille et le Clergyman (1928) de la réalisatrice Germaine Dulac (wikipedia)



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