Jean-Claude Golvin, artiste de la restitution
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Le 24 mai dernier, la salle Pierrotet de la Mairie du Ve faisait salle comble pour la conférence de Jean-Claude Golvin, organisée par le Comité Quartier Latin.

La conférence Lutèce et Paris : images de restitution des monuments anciens s’est déroulée dans le cadre du Festival Quartier du livre, organisé par la mairie du 5e.

Après les remerciements du président du Comité Quartier Latin, Robert Lévy, Pascale de La Loge, de la librairie Picard & Epona, a présenté Jean-Claude Golvin, architecte, archéologue et aquarelliste. Jean-Claude Golvin a présenté au public ses restitutions à l’aquarelle des monuments de Paris depuis l’Antiquité gallo-romaine jusqu’au Moyen Âge.

C’est sa double formation - architecte et historien - qui lui a donné l’idée d’illustrer par l’image des sites disparus. La restitution, c’est son domaine : il redonne, par l’image, l’idée, l’allure, de ce qu’était un site ancien.
Des musées, des revues, le CNRS et d’autres organismes scientifiques ont fait appel à son art de la restitution. Ainsi, son travail sur Lutèce, où les maisons, les rues, le Forum, les termes et les habitants étaient représentés, a été exposé à la crypte archéologique Notre-Dame.

Mais, pour restituer, il faut des indices sûrs. C’est donc un travail qui nécessite une grande rigueur. Il faut se documenter de manière approfondie sur un site, puiser les informations aux meilleures sources, discuter avec les spécialistes du site pour être exact et précis. Plus l’époque est récente, plus il y a d’informations précises et, par conséquent, plus la restitution est aisée. Il est plus facile de restituer un site médiéval qu’un site antique. Et, par ailleurs, quand on connait les formes et les dimensions d’un site, comme l’île de la Cité, la restitution pose moins de problèmes. Avant tout, il ne faut pas se tromper d’échelle.

À partir d’une esquisse d’un site, il faut ajouter tout ce qui contribue à sa vie quotidienne : le public, la végétation, les couleurs, l’ambiance. Jean-Claude Golvin explique qu’il faut toujours partir du général pour aller au particulier. Mais on ne peut restituer le particulier, les détails que si on a suffisamment d’informations. Il faut des éléments très précis pour restituer de près. Cela a été le cas pour le Louvre de Charles V et pour Notre-Dame.

Jean-Claude Golvin a annoncé incidemment qu’il lèguera tous ses travaux concernant Lutèce et Paris au musée Carnavalet, pour éviter qu’ils ne se dispersent. Un de ses prédécesseurs dans l’art de la restitution, Jules Formigé, n’a pas pris cette précaution, ses travaux ont été dispersés. Parmi ses prédécesseurs, il cite également l’architecte Hoffbauer qui a dessiné des lieux parisiens qui allaient disparaître du fait des travaux d’Haussmann.

Le conférencier, tout en expliquant son travail, a retracé l’histoire de Lutèce et des premiers siècles de Paris. Il a raconté notamment que Lutèce était une belle ville mais, qu’après les invasions, elle a été détruite et ses monuments (Forum, termes...) sont devenus des carrières de pierres.

Pendant longtemps, les archéologues ont été réticents à ce travail de restitution qui ne leur apparaissait pas assez scientifique. Mais ils ont évolué, acceptant volontiers de fournir des indices à Jean-Claude Golvin pour qu’il montre par l’image ce qu’étaient ces sites au temps de leur splendeur. Aujourd’hui, les archéologues représentent systématiquement les sites sur lesquels ils travaillent.

Restituer est aussi un moyen de connaître l’Histoire. Redonner l’image de cités ou de monuments disparus pour mieux faire connaitre l’Histoire, c’est l’objectif de Jean-Claude Golvin. Même si l’image n’est pas parfaite, elle reste pertinente et pédagogique !



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