L’Esprit du temps, un éditeur très éclectique
10 juin 2020 | Alain Garabiol | Lire | Portrait | Editeurs |
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Un éditeur indépendant du Quartier latin publie des livres d’une étonnante diversité

Difficile d’imaginer que, dans un minuscule local du 5ème arrondissement de Paris, se trouve une maison d’édition particulièrement dynamique !
"J’ai marché sur la Lune", de Neil Armstong, le récit de l’astronaute illustré par des photos inédites de la Nasa, "Tour de France, tour de forçat", d’Albert Londres-l’histoire du Tour 1924 illustrée par 60 photos "La Bièvre, les Gobelins, Saint-Séverin", de J.K.Huysmans, "Alzheimer, le livre des aidants", de Jean-Pierre Polydor, voilà un échantillon de la diversité des titres proposés.

C’est un médecin psychiatre, Philippe Brenot, qui a créé, en 1989, à Bordeaux, L’Esprit du temps, maison d’édition alors spécialisée dans les livres de psychologie, sociologie, philosophie, sexologie, sciences sociales. "Je me souviens", de Boris Cyrulnik, est emblématique de cette période.

Survient alors Jean-Marie Mongin qui, en 2014, crée les "Éditions des soixante" avant d’acheter "L’Esprit du temps" en 2018, avec une ambition : diversifier les titres et mettre davantage d’illustrations dans les livres.

Jean-Marie Mongin est un homme très polyvalent. Il a écrit de nombreux ouvrages d’histoire (comme "La bataille de Rivoli", "la Fronde") et collaboré à plusieurs livres d’histoire militaire édités par "Histoire et Collections" dont il est devenu le directeur général.

Cet homme-orchestre, gérant et directeur éditorial, travaille en duo avec Nathalie Toutain, une ancienne libraire, qui est responsable de la commercialisation des ouvrages.

Tous deux lisent et sélectionnent les manuscrits qui leur sont envoyés, choisissent la mise en page, les illustrations, avant de confier leurs ouvrages à leur diffuseur, Géodif.

"Pas facile pour un éditeur d’être rentable, dit Jean-Marie-Mongin, il y a une prise de risque permanente, il faut toujours jongler".

En moyenne, selon le rapport Gaymard, pour un livre, l’éditeur ne touche que 20%, le libraire 35%, l’auteur 10%, le diffuseur 20%, l’imprimeur 10% et l’État 5%.

La crise économique, due au coronavirus, n’a rien arrangé : aucun livre vendu pendant trois mois, ce qui signifie 25 à 30 % du chiffre d’affaires en moins...L’État a certes prêté de l’argent, mais il faudra le rembourser, ce n’est qu’un décalage de charges.

Du coup, il faut réaliser plus de gains via la vente directe sur le site internet www.espritdutemps.com et www.editionsdes60.com: "pour toute commande de particulier, à partir de quatorze euros d’achat, les frais de port sont de un centime, quelque soit le poids du colis", explique Nathalie Toutain.

"La passion est nécessaire à ce métier, c’est le moteur de notre travail", affirme Jean-Marie Mongin. Cette passion d’éditer aboutit à ce beau résultat : une vingtaine de livres publiés par an.

Les dernières parutions ? Un livre d’histoire contemporaine, "La drôle de guerre", de Patrick Baradeau, un livre sur le cinéma "Punchlines, permis de répliquer"-les phrases-cultes de James Bond, de OSS 117, des Tontons flingueurs-de Jean-Antoine Duprat, et un livre d’art, "Sculpter l’éternité"-des photos de tombes "artistiques"- d’André Chabot.

La diversité est reine- le catalogue comprend aussi des écrits de François Mauriac- "Bordeaux, une enfance provinciale"- de Proudhon, de Darwin, un essai très original, " Kafka, la voix d’un enfant", de Daniel Hurvy... Il existe même, depuis peu, un domaine littéraire albanais.

Il y a de petits joyaux, comme "Les impressionnistes en 1886" de Félix Fénéon, une des premières critiques de ce courant pictural, un petit ouvrage illustré de plusieurs toiles.

Diversité, mais toujours qualité. Le travail effectué pour choisir des illustrations belles et pertinentes est à souligner.

Le plaisir de lire est agrémenté par des photos et des documents de valeur.

Un petit éditeur, mais de grands et beaux livres.

- L’Esprit du temps- Éditions des Soixante, 10 rue de Valence, Paris 5ème.
Ntoutain@editionsdes60.com



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