L’Homme et son environnement, partie I
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Brève histoire de l’évolution de l’Homme et son environnement, partie I.

L’Homme est un mammifère (300 Ma) et un Primate, Ordre qui se reconnaît depuis 60 Ma. L’origine de l’Homme se situe vers 2,8 Ma selon la grande majorité des paléoanthropologues, car il est le seul à avoir fabriqué des outils et les plus anciens outils retrouvés sont datés de cette époque ainsi qu’une hémi-mandibule attribuée à Homo. Cette date est très importante. Nous admettons que dans l’Ordre des Primates, la famille des Hominidés apparaît en Afrique de l’Est et du Sud, vers 6,5 Ma avec Orrorin au Kenya. Vers 4,5 Ma, des fossiles, comme Australopithecus anamensis ou Little foot (3,47 Ma), peuvent être considérés comme les ancêtres communs des deux genres d’hominidés : le genre Australopithecus et le genre Præanthropus, très différent des premiers.

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Au cours de ces 3 millions d’évolution, différents morphotypes humains vont se différencier selon le climat, la géographie, l’écologie et l’environnement. Sur le phylum de l’Homme moderne, on remarque 5 étapes évolutives :
1) Homo habilis (2,8 Ma) en Afrique qui donne naissance à :
2) Homo georgicus (1,9 Ma) qui part à la recherche de nourriture en Europe.
En Afrique Homo habilis donne naissance à Homo ergaster et Homo erectus, cousins très éloignés qui ne sont pas sur le rameau de l’Homme moderne.
3) Homo heidelbergensi apparaît vers 600 000 ans (600 Ka). C’est un groupe plus évolué que l’on retrouve aussi en Afrique. Il donne naissance à :
4). L’Homme anatomiquement moderne et Néandertal, un proche cousin qui part vers les régions plus froides auxquelles il s’adapte.
5) Homo sapiens sapiens descend de l’Homme anatomiquement moderne.

I.Homo habilis

Des Australopithèques et des Præanthropus vivaient dans l’Est et le Sud de l’Afrique, le long du Rift.
Vers 3 Ma cette région est soumise à de fortes secousses tectoniques et à des éruptions volcaniques qui surélèvent la rive ouest du Rift à plus de 3000 m et la transforme en une barrière climatique qui empêche les pluies de passer. La sécheresse s’installe dans l’est du Rift qui se transforme en une vaste savane à graminées. Toute la vie de cette région change. Certains Præanthropus ont résisté à ces bouleversements tectoniques de 3 Ma. Ils devaient être porteurs de mutations neutres, conditionnelles, qui se sont extériorisées, révélées à cette occasion et leur ont permis de s’adapter rapidement à ce nouvel environnement, à ce nouveau mode de vie.
 Le rôle de l’épigénétique sur l’expression des gènes dans ce changement de milieu a été certainement très important.

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Ces premiers Hommes sont appelés Homo habilis.
 Ce sont nos ancêtres. 
Ils sont debout, redressés, ceux sont des bipèdes quasi parfaits et, fait unique, ils marchent par enjambées. L’acquisition de la station érigée permanente (bipédie) et de la pensée réfléchie a été le départ de toute l’évolution du genre Homo. Au fil des milliers d’années, le cerveau va se perfectionner et leur permettre d’acquérir la parole, le langage articulé et la communication.



Les Homos habilis sont relativement plus grands que leurs prédécesseurs, environ 1m30, avec des jambes plus longues que les bras et des orteils courts : une morphologie favorable à la course. Leurs mains libérées d’un rôle de déplacement et de sustentation sont libres. De charognards ils deviennent chasseurs. Rapidement ils vont façonner des armes en pierre de plus en plus efficaces. Jusqu’à présent, tous les hominidés étaient omnivores, voire végétariens. Homo, est omnivore et, ce qui est exceptionnel chez les Primates, carnivore , ses descendants le seront également. Les protéines animales ont été favorables à l’accroissement rapide du cerveau depuis 2,6 Ma. Face aux dangers de la savane, la vie en groupe s’organise.

Après l’extinction des Paranthropes, Homo reste le seul Hominidé vivant dans l’Est africain grâce à ses adaptations successives et à la diversité de ses choix alimentaires.
 L’usage du feu domestiqué est daté de 465 Ka (grotte marine de Menez-Dregan- près d’Audierne en Bretagne). Pendant cette la période dite de la glaciation de Mindel, les aliments sont gelés, il est donc nécessaire de créer une source de chaleur : le feu. Cuire les aliments les rend plus tendres et économise l’énergie dépensée au cours de la mastication, énergie qui peut être régulée à l’activité et au perfectionnement du cerveau. Homo acquiert des mots, la fluidité de parole, le langage articulé donc la communication orale.

Son odorat n’est pas très développé, comme son ouïe. En revanche, il a une vue excellente, en relief et en couleurs, quel avantage ! Il peut donc facilement reconnaître les animaux et estimer la distance à parcourir. Contrairement à la grande majorité des mammifères, il n’a pas de museau allongé horizontalement dans le prolongement du crâne qui permet de renifler les aliments sur et dans le sol, mais une face proche de la verticale et appendue au crâne. Elle peut-être aussi légèrement avancée. Ce n’est pas un inconvénient, ses bras et ses main libres lui permettent de cueillir et de porter les aliments à sa bouche, comme le font d’autres hominidés et d’autres grands singes. La bipédie est le moyen le plus pratique et rapide pour rechercher des aliments dans cette savane. Contrairement à la plupart des prédateurs, Homo ne possède pas de griffes mais des ongles plats, comme la plupart des simiens.

II.Homo sapiens

Sapiens s’individualise en l’Homme actuel, vers 90 ka. 
Même si l’on reconnaît des traits sapiens modernes sur des fossiles de 300 000 ans, il est réellement présent depuis 100 000 ans au Proche-Orient. Il s’épanouit, vers 40 000 ans, sur tout l’ancien monde, avant de partir à la conquête de l’Amérique.
Le sapiens sait allumer le feu.
Il s’abrite régulièrement à l’entrée des grottes, ou sous des tentes qu’il construit. Il reste près des rivières. Les stratégies de chasse étaient très élaborées, adaptées à l’animal convoité. Il réalise des armes de plus en plus performantes. Le propulseur destiné au lancer de flèches, harpons, épieux, reflète le haut développement intellectuel, l’esprit d’observation, de création et d’abstraction du sapiens.
Éclairé par les lampes qu’il fabrique, il pénètre à l’intérieur des grottes et y dessine, grave, sculpte ce qu’il voit ou ressent. Il nous a laissé un bestiaire inestimable.
Avec sapiens la sémantique se met en place.
Vers 12700 BP un fort réchauffement climatique remplace la glaciation. La température moyenne estivale grimpe à environ 15°. Ce réchauffement est très bénéfique à l’Homme et contribue à un changement de vie. Les Hommes suivent la fonte des glaces et montent vers le Nord pour peupler les nouvelles terres libérées. Ils établissent des campements avec des tentes et vivent en petits groupes nomades, de la chasse, de la cueillette, de la pêche et de la collecte d’escargots et de coquillages.
Les derniers animaux de climat froid (mammouths, rhinocéros laineux) migrent ou disparaissent
Ils sont remplacés par de plus petits herbivores (rennes, chevaux, aurochs, sangliers, cerfs, bouquetins), et par de petits mammifères.
Pendant les périodes Mésolithique et Néolithique, le paysage change complètement : construction de maisons, de villages, transport fluvial sur la Seine (7000 ans), mise en place des cultures de nlé et d’orge (vers 6000 ans), de l’élevage, de la domestication, des céramiques. Les progrès en sciences et en médecine sont fabuleux. L’arc, plus adapté à ce nouvel environnement et au couvert forestier devient l’arme de prédilection et disposent d’un nouvel instrument, la nasse. Cette sécurité alimentaire entraîne un spectaculaire accroissement de la population (démographie multipliée par 200).
Avec le réchauffement climatique, l’eau monte et il y a souvent des inondations.
Ils construisent alors leurs maisons sur pilotis
 Les progrès s’accélèrent. 2270 ans BC, on écrit sur des tablettes d’argile (musée du Louvre) et plus tard, ce sera l’écriture.
 Le Néolithique se termine (vers 2 100 avant notre ère) avec l’apparition de la métallurgie du cuivre, puis du fer.
Les 7 milliards d’Hommes Modernes actuels appartiennent à la même espèce, ils forment une immense famille.

III. Les variations climatiques et l’adaptation des hommes préhistoriques

A. Variations du climat
Selon les données actuelles, l’âge de la Terre est estimé à 4,55 Ma.
La période précambrienne s’étend de la formation de la terre à 6 600 Ma - début de l’ère primaire.
La première vie s’est manifestée sous formes d’algues il y a 2 MA, et les premiers mollusques, vers et arthropodes sont apparus il y a 750 Ma.
Le Primaire s’étend donc de -6 600 Ma à 230 Ma et a duré 370 Ma.
Le Secondaire a une durée de 160 Ma, de -230 à - 70 Ma et voit apparaître les premiers mammifères et les premiers Primates.
Le Tertiaire, de - 70 à - 3 Ma et divisé en Paléocène, Eocène, Oligocène, Miocène et Pliocène, a vu le développement de tous les primates, premiers hominidés inclus, car le climat était favorable à ce type de mammifères.
Le Quaternaire, enfin, s’étend de -3 Ma à nos jours, marqué par une succession de glaciations, qui modifient profondément la faune et la flore et donc le mode de vue humain. Nombre de Primates disparaissent de nos régions, seuls les hominidés vont étendre leur aire de dispersion au cours de ce Quaternaire.



La glaciation est un phénomène périodique présentant des périodes très froides séparées par des interglaciaires ou période de climat tempéré voire même plus chaud que le climat actuel. À l’intérieur de chaque période glaciaire, il y a eu de plus des oscillations mineures qu’on appelle interstades et stades. On reconnaît actuellement 6 glaciations dans les Alpes, en Europe de l’Ouest ainsi qu’en Sibérie et en Russie.
 Quoiqu’il en soit, les hommes, la flore et la faune ont été soumis à une sorte de ‘‘douche écossaise" climatique et à des changements incessants nécessitant soit les migrations pour fuir le froid, soit une faculté d’adaptation qui semble être celle de l’Homme actuel. Mais il est certain que les populations du bassin méditerranéen subissaient toujours un climat habitable.



En effet, dans les latitudes basses, l’échelle des glaciations est remplacée par l’échelle des alternances pluviaux-interpluviaux. Lors de la glaciation Riss, la plus forte, le niveau de la mer est descendu entre - 130 et - 180 m au-dessous du niveau actuel. Lors de la glaciation Würm, l’abaissement a été de 90 m. Ces fluctuations étaient forcément à peu près synchrones sur tout le globe terrestre, les mers communiquant entre elles. Il est facile de concevoir que certaines régions ont été inondées à certaines périodes. Au contraire, un ensemble d’îles a pu se transformer en subcontinents à d’autres époques. Ainsi l’Indonésie était rattachée à l’Indochine, la Manche était à sec (profondeur maximum 100 m) et la Seine se jetait dans l’Atlantique au Nord de la Bretagne, le Rhin poursuivait son cours très avant se jetant entre l’Ecosse et la Norvège. Si le détroit de Gibraltar existait, il était plus étroit et donc franchissable par des hommes préhistoriques, tout comme le détroit de Behring.

B. Variations de la flore
Les variations de climat ont entraîné de grandes modifications de la flore qui ont influencé conditions de vie de l’homme préhistorique. 
Lors des périodes glaciaires en Europe occidentale, on peut distinguer schématiquement 5 types de végétation naturelle périglaciaires.
1) La toundra caractérisée par des rousses, des lichens, des arbres très rares. C’est un climat circumpolaire où la température est au-dessous de 0° 9 mois sur 12 pour monter jusqu’à 10° pendant l’été très court .
2) La taïga est une forêt à conifères. Elle se rencontre là où l’hiver est aussi froid mais moins long.
3) La forêt mixte composée de conifères, de chênes, de charmes, d’ormes et de noisetiers. Il y a 5 mois de neige en hiver mais la température est à 20° l’été.
4) La steppe est une végétation composée d’herbes et de petits arbustes. Elle correspond à un climat plus chaud, l’hiver avec un mois au-dessus de 0° mais pas plus de 10 cm de neige. L’été une température moyenne autour de 22°. C’est un climat sec, continental, semi-aride.
5) La steppe boisée est intermédiaire entre la steppe et la forêt mixte. Elle est entrecoupée de lacs et de marécages. La température ne dépasse pas 20° l’été.
À ces flores, il faut ajouter, la forêt plus chaude des régions méditerranéennes, puis, en allant vers les régions tropicales et équatoriales, on a dû rencontrer les mêmes types de végétation qu’actuellement : forêt dense, forêt-clairière, savane boisée et savane plus ou moins sèche.

C. Variations de la faune
D’une manière générale, on reconnaît :
1) une faune périglaciaire froide
2) une faune de steppe
3) une faune chaude
Le froid a refoulé vers le sud les lions, les léopards, l’hippopotame, le rhinocéros etc...
La chaleur fait émigrer l’ours gris, le renne, le renard bleu vers le nord ; le chamois, le bouquetin ou la marmotte vers les sommets ; l’antilope saïga, le hamster vers l’est.
Malgré tout, certaines espèces s’adaptent, le rhinocéros laineux était adapté au froid, certains fauves se rencontrent dans les neiges boréales, tel le tigre de Sibérie.
À la glaciation du Günz, les mastodontes ont disparu, le leptobos sorte de bovidé est en voie d’extinction. Des espèces typiques du Quaternaire se remarquent déjà tels le rhinocéros de Merck, l’Equus caballus.

À la glaciation du Mindel, trois espèces d’éléphants vont succéder à l’elephas méridionalis.
Pendant la glaciation du Riss, le renne est déjà présent partout en Europe occidentale et se mêle à la fin de la glaciation, au daim, au mammouth et au rhinocéros laineux annonçant la faune froide caractéristique du Würm. Lors des interstades plus chauds réapparaissent l’elephas anticiuus, l’hippopotame, le rhinocéros de Merki et l’Equus caballus.
Pendant la glaciation du Würm, avec les premières rigueurs de la glaciation, le mammouth et le rhinocéros laineux prennent possession de la steppe qui s’étend de l’est à l’Atlantique. Plus le glacier s’étend, plus la faune périglaciaire arctique gagne le sud.
 Ainsi on retrouve près des Pyrénées, le renne, le renard polaire, le boeuf musqué, le glouton, le lièvre et la perdrix des neiges. Le bouquetin, le chamois, la marmotte descendent des hauteurs. Le cheval, l’aurochs ou Bos primigenius, et le bison peuplent les plaines et les collines. Les grottes et les cavernes sont fréquentées par le lion, l’hyène et l’ours des cavernes. Dans les interstades, on rencontre le cerf et le sanglier.
 Avec la fin de la glaciation de Würm, s’éteignent le mammouth, le rhinocéros laineux et l’ours des cavernes.

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Jean GRANAT, Docteur en Sciences Odontologiques, Membre titulaire Académie Nationale Chirurgie Dentaire. Chercheur honoraire, CNRS-MNHN-UMR 7206 Eco- anthropologie et ethnobiologie, Département Hommes Natures Sociétés. Ex-Attaché en premier des Hôpitaux de Paris.



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