Laissez-vous surprendre par l’Amazonie !
Vous avez aimé cet article, partagez le !

Stéphen Rostain sera à la bibliothèque Rainer Maria Rilke pour vous faire découvrir la civilisation amazonienne.

Dans le cadre de Quartier du livre, la Bibliothèque Rainer Maria Rilke vous propose une conférence de Stéphen Rostain.
Jeudi 18 mai 2017 à 18h
88, boulevard de Port-Royal 75005 Paris.

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

Après avoir sorti, l’année dernière, un livre particulièrement remarquable sur l’archéologie des techniques agricoles en Amazonie, Stéphen Rostain poursuit son combat pour la reconnaissance de l’héritage culturel - immense mais complètement sous estimé - que nous ont laissé les Amazoniens.

Son nouveau livre est destiné à un public plus large. Pour rendre son discours accessible aux lecteurs de cultures européennes et classique, Stéphen Rostain a donc fait appel à... Héraclès, autrement dit Hercule comme le nommait les Latins, et ses fameux 12 travaux.

Les Amazoniens n’ont pas eu d’Héraclès, mais ce qu’ils ont accompli pour dompter, apprivoiser et cultiver l’Amazonie est digne d’un géant à la force incomparable, vert évidemment, une sorte de Hulk bio, produit de l’intelligence mais pas vraiment de la chimie... encore que des populations qui se nourrissent essentiellement d’une plante toxique, grâce à un long procès qu’il a bien fallu mettre au point, pourraient se voir discerner sans problème un prix Nobel de chimie !

Et ce ne serait pas usurpé, loin de là ! Pour vivre dans un milieu aussi exubérant et hostile que l’Amazonie, les Amérindiens ont en effet eu de cesse d’être astucieux, inventifs et innovants. Et les objets les plus simples en apparence n’en sont pas moins géniaux : prenons le hamac, à titre d’exemple, qui est la solution idéale pour dormir dans un environnement où, au sol, prolifère une incroyable diversité de bestioles plus urticantes ou piquantes les unes que les autres. Combien de designeurs de chez Ikéa se damneraient pour inventer un truc pareil ?

Le hamac a été repris par toutes les marines du monde occidentale pendant plusieurs siècle et il est aujourd’hui encore un des mobiliers de jardins des plus communs.

De même pour la sarbacane, simple et efficace, précise à plusieurs mètres quand on sait que l’essentiel de la faune sauvage, en Amazonie, vit dans la canopée. Les fléchettes des sarbacanes font elles-aussi appellent à la chimie : le curare qu’elles contiennent permet d’étourdir le singe ou l’oiseau qui tombera au sol silencieusement avec le moins de dégât possible pour la viande ou les plumes.

Car les plumes ont une importance considérable en Amazonie : elles sont à la mode depuis 10.000 ans ! Dans un environnement chaud et humide comme la forêt tropicale peut l’être, la meilleure des idées consiste a vivre nu. Mais on peut vivre nu sans l’être "comme un vers" : cette expression là n’est valable que pour les naturistes du Cap d’Agde. Les Amérindiens eux, se vêtent de parures de plumes exactement de la même manière que les bourgeoises du XVIe arrondissement de Paris sortent leur manteaux de fourrure l’hiver.

« ...pour les peuples de la sylve, se parer de plumes ne signifiait pas nécessairement une imitation de l’oiseau, et encore moins une identification. L’animal n’avait d’intérêt que comme porteur de plumes colorées. Les plumes récoltées étaient mélangées et agencées, souvent en aplats monochromes juxtaposés, afin de créer une parure qui n’évoquait en rien un oiseau particulier.  »

Un travail de plumassier, métier en voix de disparition aujourd’hui, mais qui fut une véritable industrie pendant des décennies en Occident - à tel point qu’il contribua presque à la disparition entière d’espèces oiseaux... Une sorte d’habitude occidentale, en somme !

Pour montrer à quel point les Amérindiens utilisaient la plume pour ses aspects décoratifs, Stéphen Rostain cite cette technique singulière et qui, là encore, fait appel à la chimie ou à la biochimie, comme on voudra.

« Pour les Amérindiens, forme, texture et couleur de la plume étaient des critères de sélection. Et, lorsqu’ils n’avaient pas les couleurs désirées, ils pratiquaient le "tapirage", une technique de coloration artificielle de plumes inouïe et unique au monde. Elle consistait à arracher les plumes de la poitrine de l’animal, généralement un perroquet vert, puis à badigeonner sa peau avec le venin d’épidermique extrêmement toxique de la minuscule grenouille dendrobate, mélangé à des graines broyées de roucou écarlate. En repoussant, les plumes perdaient leur couleur originelle pour se teinter de jaune, d’orange et de rouge. Le plus stupéfiant de cette opération était que le piaf restait vivant malgré l’application de ce poison violent. »

En bref, les Amérindiens de l’Amazonie ont inventé dans tous les domaines : techniques agricoles, parures, alimentation, céramique, etc. Et ce livre est un véritable plaidoyer pour la reconnaissance de leurs savoirs et de ce que nous leur devons : quand nous grignotons un petit bout de chocolat dans un hamac, il faut savoir que nous devons ces deux plaisirs, le hamac et le chocolat, au génie des Amazoniens.

Et ce n’est pas rien ! Surtout à une époque où l’Amazonie est plus détruite que jamais et où autant de possibilité et de savoirs se perdent chaque jour. Les Amazoniens ont su vivre avec l’Amazonie sans la détruite, voire en l’enrichissant. Aujourd’hui, le développement conventionnel est essentiellement destructeur et donc absolument absurde.

Picard et Épona, 18 rue Séguier, 75006 Paris

Librairie Palimpseste, 16 rue de Santeuil, 75005 Paris



JPEG - 155.6 ko

Compte-rendu de la table ronde organisée à la Mairie du Ve pendant le festival Quartier du Livre.

JPEG - 221.9 ko

Deux artistes émergents de la scène cubaine vous donnent rendez à la galerie Achilléa.

JPEG - 105.4 ko

La nouvelle carte des cinémas indépendants parisiens.

JPEG - 260.5 ko

La librairie l’Oeil écoute lance une grande souscription publique. Participez à la sauvegarde d’une des grandes librairies du Montparnasse.