Les enjeux de la librairie au Quartier Latin
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Compte-rendu de la table ronde organisée à la Mairie du Ve pendant le festival Quartier du Livre.

"Le métier de libraire en 2017 : enjeux et défis", tel était le thème de la table-ronde organisée le 23 mai à la mairie du 5ème arrondissement, et animée par un responsable de la revue "Soixante-quinze", le mensuel "des curieux de Paris".

Des chiffres d’abord : il y a 239 librairies au Quartier latin, soit le tiers de l’ensemble des librairies parisiennes...mais il y en avait le double il y a vingt-cinq ans.

Trois libraires, Henri Vignes, qui vend des livres anciens, Brigitte Peltier, libraire-éditrice de Pippa et Brian Spence qui a créé The Abbey bookshop, une librairie canadienne où l’on peut trouver un nombre incroyable de livres de langue anglaise dans un espace très réduit, expriment leur ressenti de professionnels et lancent des idées.

Brian Spence s’inquiète de l’évolution du Quartier latin : celui-ci perd ses étudiants, et, de ce fait, perd son âme... et des clients de librairies. Car, s’il y a eu beaucoup d’éditeurs et de libraires installés au Quartier latin, c’est en raison du grand nombre d’étudiants. Mais certaines universités sont déplacées dans d’autres quartiers de Paris ou en banlieue. Ainsi, la Fac de Censier va prochainement quitter le Quartier latin. Une décision prise sans concertation avec les élus du 5ème arrondissement, déplore Flora Kaloustian, adjointe à la mairie du 5ème arrondissement.

Brigitte Peltier s’insurge contre le coût parfois exorbitant des loyers des libraires : ainsi, le "Jardin du Luxembourg", rue Gay-Lussac, voit son loyer multiplié par trois par son bailleur : comment pourrait-il rester ? Elle propose d’identifier les libraires en danger afin de créer une mobilisation en leur faveur. La Semaest intervient de manière positive pour acheter des murs, afin de sauver une activité culturelle, mais ne pourrait-elle pas intervenir aussi pour s’opposer à des hausses de loyer mettant en danger l’existence des libraires ? Flora Kaloustian rappelle qu’en l’état actuel du droit, la Semaest ne peut rien faire au niveau des baux : elle ne peut pas acheter les baux comme elle achète des murs ; les propriétaires sont donc libres d’augmenter leur loyer.

Henri Vignes explique qu’il est important, pour attirer des clients, d’avoir un stock : un nombre important de livres à proposer au client qui les découvre, les feuillète...Mais le problème des libraires parisiens est le manque d’espace, cet espace étant très cher. Lui-même a un entrepôt à la campagne. Ce problème explique en partie l’essor du commerce de livres via Internet.

Amazon vend des livres, mais surtout des best-sellers, il ne remplit pas la fonction traditionnelle du libraire qui est de proposer un grand choix d’ouvrages ; d’ailleurs, aux États-Unis, une librairie créée par Amazon ne contient que les 200 livres les plus achetés...

"Il faut "râler", dit Brigitte Peltier, il faut se battre pour ce beau métier. Par exemple, il est choquant que la Poste accorde un tarif préférentiel à Amazon, alors que les libraires traditionnels, depuis deux ans, doivent payer le tarif Collissimo dès que le livre à expédier dépasse trois centimètres d’épaisseur ! Il faut exiger de la ¨Poste un retour à l’égalité de traitement avec Amazon et à un tarif normal.

La nomination de Françoise Nyssen au poste de ministre de la Culture est porteuse d’espoir : la nouvelle ministre est éditrice et connait bien le monde du livre.

Dans le passé, il y a eu des initiatives très heureuses des gouvernants, en premier lieu le prix unique du livre.

A la fin de la table-ronde, plusieurs idées sont lancées :

- demander l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco des librairies du Quartier latin

- inscrire "Quartier latin" sur des plaques, pour les touristes.

Brigitte Peltier insiste sur le fait que les libraires doivent créer un lieu de vie et avoir un accueil chaleureux essentiel pour le maintien de ce commerce de proximité. Il faut aussi apprendre aux élèves des écoles maternelles et primaires ce qu’est une librairie.

Et les libraires devraient davantage s’entraider...

A l’issue de la table-ronde, le responsable de la revue "Soixante-quinze" se félicite de toutes les idées qui ont été lancées pour aider les libraires.



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