Mistress America
19 janvier 2016 | Claire Aubier | Cinéma | Voir |
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Un feel good movie comme on les aime.

Faire des personnalités ordinaires des héros de la vie quotidienne.

Tracy (Lola Kirke) n’échappe pas à ce moment difficile par lequel tout le monde est un jour susceptible de passer : l’entrée à l’université loin de sa famille. Fraîchement arrivée à New York, ses jours se suivent et se ressemblent puisqu’elle ne tisse pas vraiment de liens d’amitié avec qui que ce soit. Sans grande conviction, elle appelle quand même Brooke (Greta Gerwig), la fille de l’homme que sa mère s’apprête à épouser, et qui vit justement en plein Times Square.
En l’espace d’une soirée, Tracy a trouvé son mentor : Brooke est tout ce qui caractérise une fille cool. Elle est populaire, bien dans ses baskets, bref, libre ! D’agir, de séduire, de décider. D’être décoratrice à ses heures perdues et de croire dur comme fer qu’elle ouvrira un jour le restaurant le plus couru de la ville. On pourrait tout lui envier mais sa générosité défie quiconque de la détester. Surtout qu’en réalité, la vie n’a pas été plus tendre avec elle qu’avec n’importe qui d’autre.

C’est ainsi que Noah Baumbach met en scène une relation à mi-chemin entre l’amitié, la fraternité et l’amour. On voit dans les yeux de Tracy énormément d’admiration, et dans ceux de Brooke beaucoup de bienveillance. Le tout sans une once de jalousie. Le film est d’autant plus appréciable que ces sentiments simples sont bien loin des querelles de jeunes filles que l’on voit trop souvent dans les comédies américaines. Les répliques sont d’un naturel désarmant (« - Tu sais ce qu’est un autodidacte ? C’est d’ailleurs un mot que j’ai appris par moi-même. »), tout est là pour valoriser la spontanéité. Même les looks des personnages (bien que savamment étudiés) prônent le cheveux non peigné et la chemise mal boutonnée. La lumière et les décors participent à cet esprit feel good : l’ambiance est tamisée, on visite le New York industriel qui a su garder son côté vintage.

Seul bémol, le côté tragi-comique de la fin du film, qui nous fait presque assister à une pièce de théâtre de boulevard alors que jusque là on vivait tranquillement la vie banale (donc compliquée !) de deux bonnes copines. L’apparition de nombreux personnages autour de ce duo est notamment de trop.
On en ressort quand même l’esprit léger, décidé à faire confiance à la vie, et avec l’impression d’avoir découvert deux actrices dont on va guetter les prochains films. Greta Gerwig a d’ailleurs co-écrit celui-ci.

Retrouvez les cinémas du Quartier Latin ici.

Mistress America, un film de Noah Baumbach avec Greta Gerwig, Lola Kirke, Matthew Shear…
© Twentieth Century Fox



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