Mon « cher » mégot !
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Pourquoi ce bout de matière duveteuse avec son petit « air de rien » est en réalité une véritable bombe pour l’environnement.

1er octobre 2015 : Paris annonce que les fumeurs surpris en train de jeter un petit mégot sur la voie publique seront passibles d’une amende forfaitaire de 68 €.

Diantre ! Je suis fumeur depuis si longtemps que ce geste anodin je le fais sans en mesurer les conséquences. Pourtant, il ne me viendrait pas à l’idée de jeter une bouteille ou un papier sur le trottoir. Et encore moins d’écraser ma cigarette sur mon parquet. Alors, je me suis demandé pourquoi mon si petit mégot pouvait déroger à cette règle civique. Et surtout, j’ai essayé de comprendre les conséquences de ce geste qui parait dérisoire.

La propreté de notre espace urbain est l’affaire de tous.

1,6 milliard de cigarettes sont vendues chaque année dans la Capitale. Cette estimation tient compte de la fréquentation et de la population nombreuse qui vit, travaille ou visite Paris. Et, en partant sur un poids moyen de 0,22 gr par unité, il en résulte que les trottoirs se couvrent chaque année de 350 tonnes de mégots [1]. À la lecture de ce chiffre, mon esprit a tenté de se faire une image de la ville si elle n’était pas nettoyée régulièrement… (Oui, ça fait peur hein !)

Jeter son mégot à terre : un geste lourd de conséquences

Un mégot qu’est-ce que c’est ? Bon là, je vous préviens, ça n’a rien de très sexy. Mais pour bien comprendre l’impact de ce petit bout de cigarette, il faut savoir ce qu’il contient.

90% des cigarettes produites dans le monde ont un filtre qui est (le plus souvent) fabriqué à partir d’un plastique transformé en acétate de cellulose. Cette matière est associée à du dioxyde de titane (substance réputée toxique), puis compressée avec un plastifiant appelé triacétine. Ce petit morceau à l’aspect duveteux est ensuite enveloppé dans du papier pour devenir le filtre. Juste en passant, sans ce filtre, la cigarette serait 4 fois plus dangereuse.

Bon jusque-là on se dit que, d’accord ce n’est pas très encourageant, mais que, finalement, ça ne doit pas être si grave. Que nenni ! Voici ce que le mégot contient une fois la cigarette fumée. Le filtre a pour principale fonction de retenir une partie des 4000 substances nocives que contient une cigarette en moyenne : la nicotine et des métaux lourds notamment. Au final, écraser un mégot par terre, revient à jeter 2500 substances chimiques nocives dans la nature. Et pour rendre ce tableau un peu plus « idyllique », les filtres ne sont pas biodégradables. Il leur faut entre 4 et 12 ans pour disparaître totalement… (On se refait le coup de l’image de la ville après 12 ans ?)

Maintenant on comprend mieux pourquoi jeter son mégot à terre équivaut à un acte "criminel". Toutes ces substances toxiques nuisent à la flore et à la faune, polluent l’eau et les égouts et réduisent sérieusement la vie des arbres quand les filtres usagés s’accumulent sur les grilles. Et je ne parle pas de la pollution visuelle et du sentiment de saleté que cela inspire.

Comment faire disparaître cette mauvaise habitude ?

Quatre mois après la mise en application de l’amende pour jet de mégot dans la rue, 800 contraventions ont déjà été dressées. La maire de Paris, Anne Hidalgo, se prépare à annoncer le déploiement d’une brigade de lutte contre les incivilités (des fumeurs notamment) qui viendra renforcer les 96 agents déjà présents.

Mais la Ville ne s’est pas cantonnée à verbaliser les piétons indélicats. Une série de mesures d’accompagnement complète le dispositif.

En partenariat avec la RATP, la SNCF, le Crous et le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs), la Mairie de Paris a déjà distribué gratuitement 50.000 cendriers de poche et prévoit de continuer pour arriver à 125.000 au total. Bon, pour ma part, comme je le trouvais un peu gros pour ma poche, j’ai fait le choix d’en acheter un dans une grande enseigne japonaise pour moins de 3€.

Les entreprises implantées dans la Capitale sont aussi appelées à développer des outils permettant de maintenir l’espace public propre : en plaçant des cendriers mobiles au pied des immeubles par exemple.

Mais c’est surtout l’implantation de plus de 30.000 corbeilles « Bagatelle » qui a changé le visage de Paris. Installées en moyenne tous les cents mètres, ces poubelles au nouveau design laisse le sac d’ordures apparent. Je vous l’accorde, ce n’est pas forcément très esthétique : Plan Vigipirate oblige. Mais surtout, elles sont toutes dotées d’un éteignoir. Donc plus d’excuse : on écrase sa cigarette et on la met à la poubelle !

Changer cette mauvaise habitude est loin d’être facile (et je ne parle même pas d’arrêter de fumer). Il m’arrive encore parfois d’achever mon mégot fumant sous ma semelle. Mais, quand je me promène dans les rue du Quartier Latin où je travaille, il est fréquent désormais de voir un piéton fumeur écraser son insignifiant mégot (pourtant si dangereux) sur le bord d’une poubelle et l’y jeter ensuite.

Comme quoi, un peu de répression et beaucoup de pédagogie peuvent faire de grandes choses.

Pour en savoir plus

[1source Ville de Paris

Images @Ville de Paris



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