Patti Smith, génèse d’une poétesse rock.
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Christine Spianti dresse un portrait sensible de la genèse d’une des plus grandes figures du mouvement punk.

Fin des années 60, début des années 70 : New York attire à elle des poètes et des poétesses venus des quatre coins des États-Unis. Ils sont comme des papillons de nuit attirés par la lumière de la Liberté. Le feu sacré que, depuis le début des années 60, Bod Dylan attise de ses chants. Dylan chante, Dylan souffle et le feu grandit.

Dylan n’est pas le seul. D’autres l’ont précédés. Toute la Beat génération : Gregory Corso, Allen Ginsberg, par exemple. Ils sont partis. Ils sont revenus. New-York les a toujours attirés. Ils n’y sont jamais venus, mais leurs ombres planent sur la ville. Rimbaud, Verlaine, Baudelaire sont l’eau de feu de ce bouillon de poésie.

Patti Smith grandit à Pitman, New Jersey. Fille d’artistes, devenus prolos. Destins contrariés pour eux. Destin bouché pour elle. Il faut qu’elle parte. Elle part. L’aventure de sa vie commence quand elle pose le pied à New York. L’artiste peut alors éclore, avidement, follement. Dans la faim, dans la joie, dans la liberté, dans l’amour.

Christine Spanti décrit d’une singulière façon le parcours de Patti Smith. Elle lui raconte sa vie. La tutoie.

Dans le New Jersey, quand tu pensais à ta vie d’après, ton projet était simple : vivre comme Frida et Diego, être muse et créatrice.
Et l’artiste que tu allais inspirer, tu n’as pas tardé à le rencontrer. C’était ce fameux été 67 à New York. L’été de tous les commencements. À peine débarquée de Philadelphie, tu es tombée dessus.
C’était un jour comme les autres, tu cherchais où dormir...

Ce livre se lit comme on écoute une station de radio, dans l’intimité de la nuit. Il vient de là. D’une série d’entretiens radiophoniques entre Christine Spanti et Patti Smith que les éditions Maurice Nadeau ont voulu mettre en page.

C’est donc avec beaucoup de douceur que l’on suit le parcours créatif, les rencontres et les voyages qui ont forgé Patti Smith. Entre l’Amérique, New York, Paris, la France.

« En 1973, pour ton deuxième voyage à Paris, tout est différent. Tu as arrêté de dessiner : tu es poétesse.
Et tu viens à Paris avec un objectif : composer un processus poétique dans les lieux de Rimbaud. Une construction qui permet de t’affirmer, toi, américaine de 1973, alors que tout semble gelé dans l’époque.
 »

Et évidemment, quand on suit Rimbaud, le Quartier latin n’est jamais loin.

« C’est à l’hôtel des Étrangers, rue Racine, que tu veux dormir. Rimbaud y a séjourné, selon Énid Starckie. Là se réunissait le Cercle des Zutiques, Charles Cros, Verlaine...
Peut-être même qu’il a dormi sur le sofa moisi dans le hall où tu t’effondres quand le réceptionniste répète que l’hôtel est complet.
Le hall des hôtels, le dernier refuge.
Tu insistes.
En haut d’un escalier en colimaçon, on te trouve un cagibi avec un matelas de crin par terre, qui fait ton bonheur.
Une bougie, la carte postale de Jeanne d’Arc, une gravure représentant Nerval, le Spleen de Paris : écrire.
Tu n’y arrives pas.
Le lendemain, direction gare de l’Est.
 »

Une écriture en forme de confidence, toujours la nuit, dans un hôtel à parler longuement, à refaire le monde, à vivre sa vie à fond, en essayant de les rendre plus beaux grâce à de simples outils : les mots, la poésie, la photographie, le dessin, et, comme un étendard, comme un bombardier de l’amour, le rock.

En 1975, après 8 ans de genèse new-yorkaise, Patti Smith sort Horses.

Patti Smith, la poétique du Rock, New York 1967-1975
disponible aux éditions Maurice Nadeau

Editions et Librairie Maurice Nadeau - Les Lettres nouvelles, 5 rue Malebranche, 75005 Paris



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