Pour une agriculture de paysans
19 février 2017 | Anne de Buridan | Rencontrer | Colloque | Agriculture |
Vous avez aimé cet article, partagez le !

Est-on obligé de ruiner la terre et les pays pour produire des denrées alimentaires ? Cette question fondamentale sera le cœur du colloque organisé à l’Institut agronomique de Paris

Pays, paysans, paysages.
Mercredi 22 février 2017 - 9h-18h.
AgroParisTech - Amphi Tisserand.
16, rue Claude Bernard.


De moins en moins paysanne, de plus en plus industrielle, l’agriculture française est en crise. En concurrence les uns avec les autres dans le contexte d’une mondialisation croissante des échanges des produits agro-alimentaires, nos agriculteurs ont été pour la plupart contraints de mécaniser, motoriser, “chimiser” et spécialiser outrancièrement, leurs systèmes de culture et d’élevage. Au risque bien souvent de devoir agrandir leurs exploitations, remembrer leurs parcellaires, abattre les haies vives, labourer et irriguer trop fréquemment leurs terrains, raccourcir les rotations de cultures, simplifier leurs assolements, épuiser les nappes phréatiques, multiplier les traitements pesticides, confiner leurs élevages dans des bâtiments hideux et exigus, concentrer d’énormes quantités de lisier et de purin, exposer les sols à l’érosion, etc. Avec malheureusement pour conséquences : des paysages totalement défigurés, des bocages en disparition, une pollution croissante de l’air et des eaux, la prolifération d’algues vertes sur le littoral, l’effondrement des abeilles, des inondations plus fréquentes et dramatiques dans les vallées, etc.

Faute de pouvoir rester compétitives, nombreuses ont été les familles paysannes qui ont dû quitter leurs régions d’origine, leurs “pays”, et chercher tant bien que mal un autre emploi ailleurs. Au départ des paysans, succède bien souvent la fermeture des magasins, des café-tabacs, des écoles, des postes et d’autres services publics. Les “pays” perdent progressivement de leur attractivité et un grand nombre de nos campagnes sont en voie de désertification, tandis que les meilleures terres agricoles
sont bitumées sous l’emprise d’une urbanisation souvent mal contrôlée.

Nous savons pourtant qu’il serait techniquement possible de développer en France une grande diversité de systèmes de production agricole, capables à la fois de fournir des produits sains pour notre alimentation et de préserver la beauté des paysages locaux, en réduisant la pollution de nos territoires ruraux et en préservant les potentialités productives de nos campagnes sur le long terme. Ces types d’agricultures associent étroitement l’agriculture et l’élevage tout en valorisant au
mieux les caractéristiques propres de chacun des terroirs. Mais ces formes d’agricultures intensément écologiques et particulièrement résilientes sont aussi très artisanales et donc exigeantes en travail, intensives en emplois. Il s’agit d’agricultures authentiquement paysannes qui ne pourront cependant guère survivre ou se développer que si les paysans travaillant pour leur propre compte dans leurs “pays” puissent être correctement rémunérés.

Comment les organisations de la société civile et les collectivités territoriales les plus soucieuses de sauvegarder la biodiversité et la qualité de vie dans nos campagnes, de promouvoir les emplois et le maintien d’activités diverses et conviviales en monde rural, tout en assurant une alimentation de grande qualité sanitaire et gustative dans les cantines des écoles, des collèges et des lycées, pourraient-elles contribuer au maintien ou à la promotion de ces formes d’agricultures paysannes les plus respectueuses des paysages ? Telle est la question qui sera débattue au cours de la rencontre.

programme :

Introduction au colloque de 9 heures à 9 heures 30
(Marc Dufumier, Laure Pascarel, Laurent Gervereau)

Première table ronde de 9 heures 30 à 11 heures :
L’aménagement de nos paysages et des territoires ruraux : un job de paysans ou l’exclusivité d’ingénieurs des ponts, du génie rural et des eaux et forêts ? Incitations à bien produire ou contraintes administratives conçues par des technocrates ?

Avec la participation de :
Alain Canet (Association Française d’Agroforesterie AFAF)
Gilles Clément, jardinier, paysagiste, auteur de : Jardins, paysage et génie naturel (Fayard 2012)
Thierry Paquot, Philosophe de l’urbain. Vient de publier : Le paysage (La découverte 2016)
Gilles Fumey, Géographe, auteur de : L’alimentation demain (éditions du CNRS édition 2016)
Guy Roche, co-président de l’association : Bouchures, bocages, Bourbonnais.

Deuxième table ronde de 11 heures 30 à 13 heures :
Le paiement des services environnementaux : Comment par la voie contractuelle, deviendra-t-il possible de rémunérer les paysans en fonction des services écologiques rendus à la société dans son ensemble ?

Quels rôles peuvent jouer les collectivités territoriales (municipalités, conseils départementaux et régionaux, etc.) pour ce faire ?

Avec la participation de :
Hélène le Teno, économiste de l’environnement
Gilles Bœuf, Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, ex-président du Musée national d’Histoire naturelle
Xavier Poux, ingénieur agronome, docteur en économie rurale, coordinateur de l’ouvrage : Agriculture, environnement et territoires (La documentation française 2006)
Gilles Luneau, Ecrivain, journaliste, réalisateur, co-auteur avec José Bové de Changeons de cap, changeons de PAC (édition Alternatives 2012), et auteur de La Forteresse agricole (Fayard 2016)
Vincent Dulong, directeur général de la Fédération nationale des CIVAM ou/et Quentin Delachapelle, président de la FNC IVAM (sous réserve).

Troisième table ronde de 14 heures 30 à 16 heures :

Agricultures urbaines, jardins partagés et circuits courts : Les agricultures urbaines et les jardins partagés : espoir ou chimère ? La mise en place de circuits courts pour approvisionner les écoles, collèges, lycées et autres cantines, avec des produits bios, de terroirs et de proximité : utopie ou réalité ?

Avec la participation de :
Claude Marie Vadrot, journaliste à Politis, auteur de : La France au jardin ; histoire et renouveau des jardins (Delachaux et Niestlé 2009)
Christine Aubry, ingénieur de recherche spécialiste de l’agriculture urbaine à l’INRA
Maxime de Rostolan, directeur de l’association Fermes d’avenir, fondateur de Blue Bees
Brigitte Allain, paysanne, députée EELV de Dordogne
François Warlop, ingénieur agronome au Groupe de Recherche en agriculture biologique (GRAB ) en région PACA , animateur du projet SMART

Quatrième table ronde de 16 heures 30 à 18 heures :
Syndicats agricoles, associations de défense de l’environnement consommateurs et élus locaux : en guerre permanente ou tous unis au nom de l’intérêt général ? Comment les organisations de la société civile et les collectivités territoriales peuvent-elles contribuer au maintien ou à la promotion des formes d’agricultures paysannes les plus respectueuses des paysages ?

Avec la participation de :
Ben Lefetey, ex-président des Amis de la terre, porte-parole du collectif Testet (Sivens)
Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan
Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB )
Gérard Choplin, ex-animateur de la Coordination paysanne européenne, analyste rédacteur indépendant sur les politiques agricoles et alimentaires à Bruxelles.
Laurent Marbot, maraîcher en AMAP dans l’Essone, administrateur du réseau des AMAP d’Île de France et porte-parole du MIRAMAP
Françoise Vernet, Présidente de Terre & Humanisme, directrice de la revue Kaizen



JPEG - 151.2 ko

Amoureuses des livres et de la littérature ! Passionnés d’histoire et de philosophie ! Le Quartier latin fête le livre.

JPEG - 213.9 ko

Le célèbre Stabat Mater de Pergolèse sera donné à Saint-Séverin, le 9 juin 2017, par de jeunes talents de la musique baroque.

JPEG - 183.9 ko

Pour sa 35e édition, le Marché de la poésie vous donne rendez-vous place Saint Sulpice.

JPEG - 265.8 ko

Compte-rendu de la table ronde organisée à la Mairie du Ve pendant le festival Quartier du Livre.

JPEG - 186.5 ko

Une rencontre autour de l’autrice et peintre suisse, Sylvie Dubal à l’occasion de la diffusion du film qui a été réalisé par Marcel Grodwohl.