Un tour d’Europe en peinture
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Chefs d’œuvre de Budapest au musée du Luxembourg, une expo comme je les aime.

Lisez bien le titre, Chefs d’œuvre de Budapest, et non Chefs d’œuvre hongrois, les peintres hongrois étant même assez peu représentés. La première déception passée, l’exposition propose un joli tour d’Europe depuis le Moyen-Age tardif jusqu’à la première guerre mondiale. La collection des princes Esterhazy ne manque pas de grandes maîtres, Albrecht Dürer, Lucas Cranach l’Ancien, Léonard de Vinci, Goya, Le Tintoret, Véronèse, Édouard Manet, Claude Monet, Paul Gauguin, Paul Cézanne… Karoly Ferenczy, considéré comme l’impressionniste hongrois, Jozsef Rippl-Ronai, dont vous pouvez admirer la Femme à la cage sur les affiches, Willem Claeszoon Heda…

À vrai dire, le charme de l’exposition ne tient pas à ce défilé de grands noms, mais à son agencement et ses surprises : une salle par période, un thème par salle, avec une nette dominante religieuse jusqu’au 17e siècle, où (enfin !) l’âge d’or hollandais nous plonge dans les intérieurs bourgeois. Après les Jésus et mythes bibliques, parfois sanglants (Salomé et Jean-Baptiste entre autres), il est rafraichissant de tomber sur une planche d’insectes et la charmante grenouille verte d’Hans Hoffmann, ou de se plonger dans une nature morte avec jambon, pichet d’argent et nautilus monté en coupe de Willem Claeszoon Heda (1654), le citron semble avoir été pelé à l’instant même.

La salle suivante, baptisée "Caractères", est la plus singulière : elle présente la famille des collections de Budapest, ces visages que l’on oublie pas, que ce soit le portrait d’un vieil homme par Ribera ou l’imposante Maîtresse de Baudelaire par Manet.

Encore une fois, ceux sont les peintres impressionnistes qui retiennent mon attention, Karoly Ferenczy et Mihaly Munkacsy, deux nouveaux noms à ajouter à mon carnet, où se côtoient déjà des peintres français glanés à Orsay, italiens appelés les Macchiaioli découverts au musée de l’Orangerie en 2013, et canadiens. La peinture au grand air s’accompagne de couleurs vives, voire fluo, comme le tableau d’une femme nue dans l’herbe, on parle de "nouvelle peinture", le symbolisme vient s’emmêler, le bauhaus aussi… Les peintres hongrois ont voyagé dans toute l’Europe, se réappropriant les différents courants artistiques.

Il faut saluer l’excellent travail de médiation, chaque tableau, que ce soit une grande toile ou une étude, a droit à son cartel explicatif. En quelques phrases, le contexte historique est planté, les filiations entre peintres explicitées, le rôle du mécénat rappelé et surtout le détail qui fait l’originalité du cadre et fait relever les yeux vers le tableau est habilement pointé.

Chefs d’œuvre de Budapest, exposition au musée du Luxembourg du 9 mars au 10 juillet 2016. 19 Rue de Vaugirard, 75006 Paris.
© Affiche du musée du Luxembourg, József Rippl-Rónai, Femme à la cage, 1892, Huile sur toile, Budapest, Galerie nationale hongroise © DR



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