Une leçon de bande-dessinée
Vous avez aimé cet article, partagez le !

Retour sur une rencontre autour de la bande-dessinée à la Bibliothèque Reiner Maria Rilke

Samedi 21 mai, dans le cadre de Quartier du Livre, la bibliothèque Rainer Maria Rilke a accueillie une conférence-débat autour de la bande-dessinée avec Évelyne Tranlé, coloriste de Valérian, Jean- Claude Mézières, dessinateur de Valérian (et frère d’Évelyne Tranlé), ainsi que Fabien Vehlmann, scénariste prolifique depuis près de 15 ans, auteur notamment de Green Manor, du Marquis d’Anaon et Seuls.

Fabien Vehlmann était venu présenter sa toute nouvelle production : l’Herbier Sauvage aux éditions Soleil où il explore toutes les facettes possibles et imaginables du rapport amoureux - des performances épiques ou singulières à la non-sexualité - à travers des portraits réels de personnes rencontrées au hasard d’un café, d’une exposition...

Il aborda notamment la difficulté à mettre un texte en dessin et, réciproquement, à mettre un dessin en texte. Comment créer une tension entre les deux ? Comment faire pour que le dessin et le texte ne soient pas une simple redite l’un de l’autre, qu’il y ait une distance entre les deux sans que cette distance soit trop grande et donc que texte et dessin ne se parlent plus ? À travers leurs expériences respectives, les trois invités ont donné une véritable leçon de bande-dessinée.

Difficulté supplémentaire : une bande-dessinée est souvent une œuvre collective. C’est un dialogue, une relation (amoureuse ?) entre un scénariste, un dessinateur et un coloriste. Il faut que les uns et les autres se comprennent et interprètent le travail des autres. Et, là encore, c’est une question de bonne distance.

Pour citer Fabien Vehlmann, le coup de foudre entre un scénariste et un dessinateur n’est pas forcément gage de réussite. Il vaut mieux une attirance commune qui aboutira avec travail et dialogue aux plus belles créations.

Jean-Claude Mezières et sa sœur Évelyne Tranlé sont un cas un peu particulier. Sans trop y croire et grâce à l’insouciance de la jeunesse, ils ont renforcé leur fraternité en dessinant et colorisant les histoires de Pierre Christin pour aboutir à la première grande BD de science-fiction ayant pour personnage principal, Lauréline, première vraie héroïne avec du charme et de l’intelligence.

Or, la bande-dessinée de science-fiction, comme le rappela Jean-Claude Mezières est un des cas les plus complexes d’interprétation pour le dessinateur et la coloriste. Dans le cas d’un western, par exemple, tout le monde sait, plus ou moins, à quoi ressemble un couché de soleil sur le désert du Colorado. Dans le cas de monstres, de planètes intersidérales et de populations extra-terrestres, c’est bien plus difficile !

Évelyne Tranlé avait apporté des planches originales de son travail où l’on pouvait voir les différentes étapes de l’élaboration d’une bande-dessinée et, notamment, son travail de coloriste à partir des indications, plus ou moins précises, du dessinateur.

Aujourd’hui, Messieurs Mezières et Vehlmann voient leurs œuvres adaptées au cinéma. Rendez vous dans les salles en 2017... Si tout va bien !

Pendant la rencontre, anecdotes cocasses et bonne humeur étaient au rendez vous. Un très joli moment avec des grands du 9e art !

Bibliothèque Reiner Maria Rilke, 88, boulevard du Port-Royal, 75005 Paris

© quartierlatin.paris



JPEG - 214.4 ko

Pour changer de regard sur l’Amazonie, son histoire et les peuples amérindiens qui l’habitent et la cultivent depuis des milliers d’années.

JPEG - 159.5 ko

Découvrez les chevaux de Prezwaslki et leur fabrique à rénover avec Gérard Dousseau.

JPEG - 230.7 ko

A l’occasion de son dernier livre, Jean-Max Méjean revient sur ce grand cinéaste d’origine arménienne très peu connu en France.

JPEG - 234.7 ko

Une expo consacrée au plus fameux des journaux policiers à la Bibliothèque des littératures policières.

JPEG - 103.5 ko

Quelques questions avec Ollivier Pourriol autour de John Truby