Z. Milshtein, 80 oeuvres récentes
12 octobre 2014 | Anne de Buridan | Découvrir | Peinture |
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Du 8 octobre au 31 octobre 2014, Christine Virmaux et Robert Lévy présentent 80 oeuvres récentes de Z. Milshtein.

Ces 80 oeuvres récentes sont essentiellement des miniatures. Ce qui contraste avec les habitudes prises par le peintre. Mais il s’en explique. Laissons lui donc la parole.

D’où vient mon amour pour le gigantisme ?
Apparemment de l’Union soviétique. Quand j’ai appris à peindre tout au début ce fut dans le palais des pionniers de la ville de Tbilissi, capitale de la Géorgie soviétique et la patrie de notre chef bien-aimé : le camarade Staline. On apprenait également à peindre les portraits de nos dirigeants.
Très grande fut la taille de nos portraits mais hélas pas celle de nos dirigeants. Les grands peintres russes comme Repine et Sourikov peignaient des très grandes toiles. On disait même que Sourikov peignait des tableaux deux fois plus grands que son atelier. Et moi étant petit de taille, j’ai été fasciné également par les grands formats.
Naturellement, il y a des contradictions et par amour ou à cause de ses contradictions je me suis mis à peindre des miniatures. Les miniatures de la taille d’un timbre-poste et même plus petites. Peut-être par volonté de me cacher ou tout simplement par peur de salir par terre quand j’ai peint en dehors de mon atelier. J’ai confisqué un petit coin de la salle à manger d’Élisabeth en lui promettant de garder une propreté exemplaire. Naturellement, cette promesse est difficile à tenir mais en peignant de tous petits formats, j’avais plus de chances d’honorer mes promesses.
Quand j’étais petit, pardon ! Je vuex dire quand j’étais jeune parce que petit, je le suis toujours, je collectionnais les timbres. J’étais fasciné par leur taille et leur beauté.
Il y avait un timbre de collection qui s’appelait Dix ans sans Lénine. Un timbre rarissime. Naturellement, je voulais le copier pour frimer devant mes copains de classe. Il valait au bas mot dix bouteilles de vodka. Donc je commençais à le copier et en le dessinant, je me suis mis à admirer et à aimer la miniature qui avait un pouvoir magique ainsi que la vodka ce médicament miracle de tous les maux de l’humanité.
Imaginer un petit peu tous nos grands dirigeants enfermés dans une boité d’allumettes, c’est comme un petit goulag qu’on peut jeter à la poubelle car dans ma cervelle d’enfant c’est à cause d’eux que la Révolution d’Octobre a échoué.

Atelier-galerie Christine Virmaux, 12, rue des Patriarches 75005 Paris



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