A Joséphine Baker, « grande figure de l’Histoire, la France reconnaissante »
28 novembre 2021 | Edith Vallée | En Une | Rencontrer | Portrait | Panthéon |
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Ce 30 novembre, à 17h, Joséphine Baker est entrée au Panthéon pour son engagement dans la Résistance pendant la seconde guerre mondiale et sa lutte contre le racisme, autre versant de sa vie de chanteuse, danseuse, actrice et meneuse de revue, mondialement connue.

Exemple emblématique de transfuge social, elle nait le 3 juin 1906 au Missouri aux Etats-Unis dans une famille pauvre (elle doit très tôt alterner scolarisation et travail domestique pour aider financièrement sa famille) jusqu’à recueillir dans quelques jours la plus haute distinction nationale.
A 13 ans, elle se marie. Rapidement veuve, elle s’initie à la danse et parvient à évoluer sur la scène de Brodway. C’est une femme, Caroline Dudley Reagan qui l’invite à rejoindre Paris pour participer à un spectacle, « la revue Nègre » où elle apparaît vêtue de son fameux pagne de bananes. Succès immédiat. Son corps à demi nu évoque un caractère sauvage, image qu’elle renforce en se faisant accompagner sur scène d’un guépard, Chiquita, qui ne manque pas de s’échapper fréquemment dans la fosse des musiciens. Sa chanson « j’ai deux amours » remporte un succès mondial, elle inspire de nombreux artistes de Pablo Picasso à Christian Dior.

En 1939, ayant épousé la nationalité française, elle rejoint le Bureau des renseignements de l’armée. Son métier d’artiste lui ouvre naturellement les frontières, les milieux informés. Les données secrètes sont inscrites à l’encre sympathique sur ses partitions. Au péril de sa vie.

Son engagement pour la liberté de la France la conduit aussi à collaborer avec la Croix Rouge et à chanter bénévolement sur la ligne du front pour les soldats et les résistants. En 1943, le Général de Gaulle lui remettra une Croix de Lorraine en or. En 1946, Madame de Boissieu, la médaille de la Résistance. En 1957, elle recevra la Croix de Guerre avec palme.

Plus largement concernée par la liberté et la dignité de l’être humain, elle milite aussi contre le racisme et la ségrégation aux Etats-Unis, participe à la marche vers Washington menée par Martin Luther King. Seule femme à prendre la parole devant le Lincoln memorial, elle célèbre l’acte fondateur de Rosa Parks.

Elle s’engage aussi dans une maternité qu’elle ne peut réaliser dans son corps, adoptant douze enfants de diverses origines, sa « tribu arc en ciel » installée au château des Milandes en Dordogne. Douze, nombre symbolique de la complétude : le monde entier est là, à travers douze enfants qui dessinent son idéal du vivre ensemble.

Quand elle disparaît en 1975, elle laisse en héritage l’image de sa réussite malgré les barrières sociales et raciales, le témoignage son talent, la flamme de ses engagements. Ils se révèlent au fur et à mesure des événements qui secouent la France, questionnent dans le monde les idées de liberté et de dignité, ou font barrage au corps maternel qui lui est refusé. Transfuge en tout, elle devient une « femme du matrimoine » de celles qui ont l’audace d’éclairer leur vie à la lumière de leur propre passion. A cette flamme, l’humanité sort toujours grandie.



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